Question du 3 septembre 2010 Lire la question de ce jour

Le braqueur présumé du casino d'Uriage remis en liberté. Êtes-vous choqué ?

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Arrestation d'un suspect dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble. Arrestation d'un suspect dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble. - © Photo AFP

Pourquoi le juge a libéré le 2ème braqueur présumé du casino d'Uriage ? C'est la question qui obsède policiers, politiques et même magistrats. Jusqu'au plus haut sommet de l'Etat on s'interroge. Depuis l'annonce de cette remise en liberté, la polémique ne cesse d'enfler. L'Union syndicale des magistrats se défend des accusations de laxisme et réfléchit à "d’éventuelles plaintes".

Retour sur l'affaire : Monsif Ghabbour est soupçonné d'avoir participé au braquage du casino d'Uriage dans la nuit du 15 au 16 juillet. Une fusillade avec les policiers avait alors éclatée. Et l'un des malfaiteurs présumés, Karim Boudouda, tué. Cette mort déclencha de vives tensions et de nombreuses scènes d'émeutes à Grenoble dans les jours qui suivirent. Monsif Ghabbour, 25 ans, avait été interpellé le mardi 31 août, un mois et demi après le braquage. Sa libération jeudi soir soulève une vague de très vives contestations.

Le premier à réagir fut Brice Hortefeux. Le ministre de l'Intérieur a immédiatement exprimé sa "très vive indignation". Jean-François Copé a pour sa part estimé que "l'indépendance" des juges ne doit pas conduire à faire "absolument tout ce qu'on veut". Frédéric Lefebvre parle lui d'une décision "absolument choquante". Quant à Eric Ciotti, le monsieur Sécurité de l'UMP, il demande "que les magistrats puissent (...) faire appliquer la loi de la République et protéger la société des criminels récidivistes".

Vendredi matin, c'est Nicolas Sarkozy qui est entré dans le débat. Le chef de l'Etat a immédiatement tenu à épauler son ministre de l'Intérieur : "Il a dit ce qu'il convenait de dire en la matière (...) Je pense aux policiers qui se sont donné tant de mal pour retrouver ce délinquant, c'est bien difficilement compréhensible qu'on le remette en liberté dans ces conditions".

Seulement du côté des magistrats, on commence sérieusement à être agacé et on envisage de porter plainte "si les mises en cause systématiques des magistrats persistent". Christophe Vivet, secrétaire national de L'Union syndicale des magistrats s'indigne : "Ce n'est ni aux enquêteurs ni au préfet de dire qui est coupable et d'incarcérer. Le fonctionnement d'un régime démocratique comme la France c'est que la police fait des enquêtes, soumet le résultat des enquêtes à la justice et des magistrats indépendants, coupés de la pression politique, prennent des décisions". Les magistrats qui demandent à leur ministre et Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie d'intervenir pour clore le débat. Cette dernière étant très discrète ces derniers jours...

Michel Barisano (DioraNews)
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