Question du 31 août 2010 Lire la question de ce jour

Les ministres qui critiquent la politique du gouvernement doivent-ils démissionner ?

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Bernard Kouchner et Fadela Amara font partie des ministres qui se désolidarisent Bernard Kouchner et Fadela Amara font partie des ministres qui se désolidarisent - © Photo AFP

L'UMP est-elle sur le point "d'imploser" comme le prédit Marine Le Pen ? Ces derniers jours, on a en tout cas assisté à un florilège de divergences au sein du gouvernement en ce qui concerne la politique sécuritaire choisie par Nicolas Sarkozy et menée tambour battant par Brice Hortefeux. Des voix s'étaient déjà élevées dans la majorité, qu'il s'agisse de celles de Jean-Pierre Raffarin, de Christine Boutin ou encore de Dominique de Villepin. Mais ce sont désormais les membres mêmes du gouvernement qui avouent leur malaise.

Hervé Morin a ouvert le bal ce week-end en fustigeant les discours "de la haine, de la peur et du bouc émissaire" et ajouté que la lutte contre l'insécurité était "vouée à l'échec" si elle ne comportait qu'un "seul volet répressif". Puis, ce lundi, Bernard Kouchner a avoué qu'il avait eu "le coeur serré" devant les expulsions de Roms et qu'il avait "pensé à démissionner". Enfin, ce mardi, Fadela Amara a dénoncé la "surenchère" de Brice Hortefeux et s'est prononcée contre l'élargissement de la déchéance de nationalité à "toutes les formes de crimes".

Néanmoins, tous les trois ont choisi de rester au gouvernement. Ils ne sont d'ailleurs pas les premiers membres du gouvernement Fillon à contredire la célèbre phrase de Chevènement "un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne". Sur d'autres sujets, Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bernard Kouchner, déjà, avaient fait entendre leur voix tout en restant dans leurs ministères.

D'ailleurs, Fillon lui-même a reconnu ces jours-ci avoir des "différences" avec le président, ce qui lui a valu une critique ouverte de Jean-François Copé. Mais à l'université d'été de l'UMP, le Premier ministre a exhorté les membres de la majorité à taire leurs "états d'âme" et éviter "les petites phrases" fratricides.
Valérie Pécresse a été plus offensive affirmant que "bien sûr, il y a tous ceux qui, quand la tempête fait rage, descendent dans la cale pour y organiser le procès du capitaine" mais qu'ils "ne sont pas nombreux". Et elle ajoute qu'ils "parlent fort et quelquefois leurs ambitions personnelles leur font perdre le cap".

Il est vrai qu'avec un remaniement majeur prévu pour octobre, certains, en particulier les ministres d'ouverture venus de la gauche ou du centre, tentent aujourd'hui de faire entendre leur propre musique et de se ménager une porte de sortie.

Caroline Magnan (DioraNews)
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