Eric Woerth, cible de nouvelles accusations, doit présenter sa réforme la semaine prochaine
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Alors que la réforme des retraites doit arriver à l'Assemblée la semaine prochaine, Eric Woerth, le ministre qui en a la charge, risque désormais de faire l'objet d'une saisine de la Cour de justice de la République. Un énième rebondissement qui pourrait avoir de lourdes conséquences. La Cour de justice de la République est en effet une instance d'exception qui se réunit pour juger les ministres pour des actes commis "dans l'exercice de leurs fonctions". C'est l'eurodéputée Corinne Lepage qui a écrit au procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, pour dénoncer des faits susceptibles d'être qualifiés de prise illégale d'intérêts et de favoritisme.
Eric Woerth, au coeur de l'affaire Bettencourt depuis mi-juin, est soupçonné de conflits d'intérêts entre ses anciennes fonctions gouvernementales de ministre du Budget, son ancien poste de trésorier de l'UMP et l'embauche de sa femme Florence en 2007 par la société gérant le patrimoine de Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal. Il a en outre été récemment mis en cause pour avoir attribué la Légion d'honneur au comptable ayant certifié ses comptes de campagne municipale. Entendu par la justice fin juillet, il a récusé tous ces soupçons.
Désormais, le ministre dénonce "une sorte de lapidation médiatique" et un "acharnement" "fait pour tuer". "C'est un peu une chasse à l'homme, comme il existe ici des chasses à courre. Sauf que c'est moi qui joue le rôle du cerf", commente Eric Woerth. Mais quelles que soient les accusations, il peut pour l'instant toujours compter sur le soutien des autres membres du gouvernement. François Fillon s'est ainsi dit "très confiant" sur les suites de cette affaire. "Depuis deux mois que cette affaire dure, personne n'a réussi à établir la moindre faute pénale à l'encontre d'Eric Woerth", a déclaré le chef du gouvernement qui dit n'avoir "pas d'inquiétude, Eric Woerth est innocent". Dès le début des accusations, le ministre avait également reçu le soutien du président et l'Elysée répète aujourd'hui que "rien n'a changé depuis les vacances, c'est bien Woerth qui défendra le texte sur les retraites. C'est une réforme essentielle. Il n'y a rien à lui reprocher." Et Nicolas Sarkozy assure qu'Eric Woerth restera en poste au moins jusqu'au remaniement prévu en octobre, même si, dans les couloirs, certains craignent que cela ne complique les choses.
Du côté des syndicats, qui organisent leur grande journée de protestation du 7 septembre, on a également choisi de ne pas cibler le ministre pour mieux insister sur le rejet de la réforme en elle-même.