Brice Hortefeux face à des policiers, à Lyon
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Le "mécontentement gronde" chez les policiers. En plein débat sécuritaire relancé par le gouvernement, le premier syndicat de police dénonce à nouveau la baisse des effectifs dans ses rangs, au moment où les policiers sont la cible de violences dans des quartiers difficiles.
"Nos effectifs théoriques seront de 100 384 policiers (gardiens de la paix) en 2012", soit 4 000 de moins que cette année, a regretté Nicolas Comte. Pour le secrétaire national d'Unité police SGP-FO (premier syndicat de gardiens de la paix), "cela pose un problème de présence sur le terrain". Il pointe les contradictions du "discours politique" sur la sécurité et des "moyens" mis à disposition, faisant ainsi référence au discours de Grenoble, prononcé par Nicolas Sarkozy le 30 juillet dernier. Le président avait prôné une "guerre nationale" contre les "voyous" et un énième renforcement de l'arsenal répressif contre les délinquants.
"Le mécontentement gronde" dans la police, avertit le syndicat, dénonçant une "réduction des budgets de fonctionnement" et un "désengagement de la police nationale au profit de la police municipale (ou de) sociétés de sécurité privée". Unité police SGP-FO avait déjà manifesté en 2009 contre des réductions d’effectifs, et réclamé des "mesures concrètes" face à la "montée de la violence envers les policiers", à la suite de tirs la semaine dernière contre une Brigade anti-criminalité à Toulouse.
C'est une véritable bataille de chiffres à laquelle se livrent la place Beauvau et l'opposition. Le PS a accusé la semaine dernière Brice Hortefeux de "mensonges". Le ministre de l'Intérieur avait déclaré qu'il y avait "aujourd'hui plus de policiers et de gendarmes que lorsque la gauche était au pouvoir", avançant le chiffre de "145 100 policiers contre 143 258 en 2001". Dimanche, la patronne du PS, Martine Aubry, a prôné le "rétablissement de la police de quartier" et l'élaboration d'un plan sur la sécurité face "à l'échec complet" du gouvernement.