Des enfants dans une cour d'école
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Luc Chatel l'a annoncé ce jeudi: il compte mettre en place la tolérance zéro à l'école. L'échelle des sanctions pour des écarts de comportement en milieu scolaire sera donc revue afin de "les rendre plus efficaces". "Il faut que l'on sache que quand on dégrade un bien, quand on insulte un professeur ou quand on s'en prend à un autre élève, on est systématiquement sanctionné", affirme le ministre.
Toute "violence verbale" devrait donc, dès janvier 2011, donner lieu à une convocation dans le bureau du proviseur. Les violences physiques, elles, donneront systématiquement lieu à la convocation d'un conseil de discipline. En revanche, le ministre souhaite limiter les exclusions temporaires, notamment en supprimant toutes celles de plus de 8 jours qui, trop souvent, accentuent le "décrochage scolaire". Dans le même temps seraient développées les mesures "d'utilité collective" telles que des actions de solidarité ou une formation dans une association.
Enfin, le premier "établissement de réinsertion scolaire", destiné à accueillir les élèves qui ont déjà fait l'objet de plusieurs exclusions, doit ouvrir ses portes à partir de cette rentrée.
Mais les syndicats tirent déjà la sonnette d'alarme, de même que les parents d'élèves. "Luc Chatel instrumentalise l'école pour décliner la politique sécuritaire du gouvernement observée ces dernières semaines", déclare-t-on au SE-UNSA. Si le secrétaire général de ce syndicat affirme que "les violences physiques ou verbales n'ont pas leur place à l'école". Il ajoute que "les sanctions doivent être graduées" et "être bien comprises", faute de quoi on risque d'entraîner "des réactions agressives chez les élèves." Pour le secrétaire général du SNU-IPP, Sébastien Fihr, "M. Chatel prend cette question de violence par le mauvais bout. L'école représente la transition entre la famille et le monde, on doit y appliquer les règles de la société --pas de violences physiques, pas d'insultes-- mais pas avec la dureté du monde extérieur".
La FCPE se dit, quant à elle, "très en colère" contre une "politique du tout sécuritaire et une stigmatisation de certains enfants". Et s'interroge: "que signifie 'violences verbales' ? Vous pensez que c'est la même dans un grand lycée parisien et dans un lycée de ZEP ?". La Fidl (lycéens) réclame plutôt l'introduction de médiateurs et la multiplication des infirmières et psychologues scolaires.
Côté propositions, les syndicats et les représentants de parents sont favorables à la suppression des exclusions de plus de 8 jours, mais réclament également que tout élève exclu puisse être accueilli dans l'établissement, plutôt que d'être laissé à lui-même, mais avec un traitement particulier. Ils devraient pouvoir présenter leurs réticences au ministre dans les 10 jours qui viennent.
Caroline Magnan (DioraNews)