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Des Roms expulsés embarquent à Roissy Des Roms expulsés embarquent à Roissy - © Photo AFP

Le gouvernement se fait rappeler à l'ordre par des hommes d'Eglise. Plusieurs ont pris la parole le week-end dernier pour dénoncer la politique sécuritaire, notamment à l'encontre des Roms.

A commencer par le pape Benoît XVI. Il recevait des pèlerins français, dimanche dans sa résidence d'été de Castel Gandolfo, et s'est exprimé dans la langue de Molière. "Les textes liturgiques de ce jour nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue", a-t-il déclaré lors de la prière de l'angélus.

Le Conseil pontifical pour les migrants et les gens du voyage avait déjà pris position contre les renvois de gens du voyage vers la Roumanie et la Bulgarie. "Les expulsions en masse de Roms vont à l'encontre des normes européennes", s'était indigné son secrétaire, Agostino Marchetto. "Il y a un principe de proportionnalité dans les réactions qu'on peut avoir vis-à-vis des délinquants. On ne peut pas généraliser et prendre tout un groupe de personnes et les expulser. La responsabilité est personnelle, elle n'est pas collective".

Un prêtre de Lille va beaucoup plus loin. "Je prie, je vous demande pardon, pour que M. Sarkozy ait une crise cardiaque", a déclaré le père Arthur, très engagé dans la défense des Roms, dimanche avant la messe. Il a regretté ces propos un peu plus tard. "Depuis trois mois, c'est une guerre que cette communauté subit", s'est justifié le père Arthur. Il a par ailleurs écrit à Brice Hortefeux pour refuser sa médaille de l'Ordre national du Mérite.

L'archevêque d'Aix-en-Provence et d'Arles est aussi en colère. Mgr Christophe Dufour a été témoin du démantèlement d'un camp de Roms, jeudi dernier. "Des caravanes ont été détruites. Je ne mets pas en cause les forces de police qui obéissent aux ordres. Mais je demande le respect des personnes et de leur dignité", tance-t-il dans un communiqué. "Les discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu'il y a des populations inférieures sont inacceptables. Ces personnes, citoyens européens, vivent pour la plupart paisiblement ici".

Des propos qui viennent contredire Brice Hortefeux. Le ministre de l'Intérieur avait balayé d'un revers de la main les critiques à l'encontre de sa politique sécuritaire, jugeant qu'elles émanaient essentiellement du "petit milieu politico-médiatique parisien" et de "la gauche milliardaire".

Julie Coste (DioraNews)
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