La Une de Marianne qui fait scandale
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Nicolas Sarkozy, "le voyou de la République". C'est la Une du dernier Marianne, signée Jean-François Kahn (fondateur du magazine et proche du Modem de François Bayrou). Ce numéro est sorti samedi dernier mais la polémique ne cesse d'enfler.
A l'UMP, les condamnations sont unanimes. Nadine Morano dénonce un titre "insultant et démagogique". Mais la secrétaire d'Etat à la Famille va plus loin. Elle demande à Marianne de "changer de nom ou de présenter des excuses publiques". Elle juge cette Une "pas acceptable", "lorsqu'on est journaliste et qu'on écrit dans un magazine qui s'appelle Marianne, qui est un de nos symboles de la République". "On ne peut pas véhiculer des valeurs antirépublicaines en utilisant le nom de Marianne", tacle l'élue.
Pour le député Eric Ciotti, secrétaire national de l'UMP chargé de la sécurité, "Marianne a gravi un échelon de plus dans l'outrance, tout cela à des fins commerciales. Ce n'est plus un journal aujourd'hui, même pas un tract". Traiter le président de la République de voyou, "c'est quand même épouvantable", renchérit Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux Collectivités locales.
La gauche reconnaît que l'expression de l'homme de presse était malheureuse. Mais le député PS Claude Bartolone estime que le président a une "grande part de responsabilité dans cette dérive verbale". Pierre Moscovici défend le respect de la fonction, jugeant le terme "voyou" "pas approprié". Mais "il y a eu, cet été, une offensive sécuritaire extrêmement ambiguë et limite", faisant "écho à des thématiques qu'on n'a pas connues depuis la Seconde Guerre mondiale".
Jean-François Kahn, lui, n'est pas près de présenter des excuses. Il trouve le terme "voyou" "plus tendre" que le vocabulaire de Nadine Morano. "Hier, elle qualifiait les journalistes d'investigation de 'fascistes', puis, à la façon des staliniens, de 'fascisto-trostkistes', puis les comparait aux journalistes pro-nazis des années 30. Hier encore, elle accusait les responsables de la gauche d'être complices des assassins".
Alors, est-ce un juste retour de bâton ? Pour le chercheur en communication et politique au CNRS Arnaud Mercier, "Nicolas Sarkozy a instauré lui-même une relation particulière avec les journalistes (...), il oblige le tutoiement par exemple", explique-t-il à 20minutes.fr. Mais "le type de lien qu’il a créé peut se retourner contre lui. C’est l’effet boomerang. Comme il a créé un climat d’intimité, les journalistes se sentent peut-être plus libres de critiquer".
Julie Coste (DioraNews)