Un toxicomane allume une pipe de meth
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La nouvelle initiative de Roselyne Bachelot divise la majorité. La ministre de la Santé s'est dite plutôt favorable à la création de centres d'injection supervisée tels qu'il en existe en Suisse, en Allemagne ou aux Pays-Bas. il s'agit de lieux où des médecins, infirmiers ou assistants sociaux accueillent les drogués qui viennent y consommer leur drogue sous surveillance. Ils ne trouvent bien sûr pas de substances sur place, mais éventuellement des soins médicaux et des interlocuteurs.
Selon les associations de réduction des risques, ces lieux constituent un progrès sanitaire et social. Ils "permettent d'agir sur la consommation et d'enclencher la prévention contre la transmission de maladies (hépatites, VIH) et les overdoses. Les études internationales des pays où cela est mis en place prouvent que ça attire les usagers les plus précaires. C'est une porte d'entrée vers le soin, ça ne pousse pas plus à la consommation" affirme ainsi Pierre Chappard, coordonnateur d'un collectif d'associations.
Pour Patrick Pelloux, urgentiste, Roselyne Bachelot a raison. "OK, ça va faire peur à une certaine morale, c'est une révolution. Ça ne veut pas dire que tout le monde va se +shooter+." Et il ajoute "encadrer ne veut pas dire que finalement, on accepte. Ça veut dire qu'on limite les risques."
Mais à l'UMP, des voix se sont aussitôt élevées avec force pour contester cette éventualité. Quatorze députés ont notamment signé un texte commun contre la création des "salles de shoot". "Mais pourquoi Roselyne Bachelot s'est-elle (ainsi) laissé aller?" s'interroge Jean-Paul Garraud, élu de Gironde et ancien magistrat. "Comme si le fait de se droguer dans un local aseptisé rendait la drogue plus douce et moins dangereuse!" "Admettre une telle pratique revient à mettre à néant tous les efforts de lutte contre les trafics de drogue engagés depuis pas mal d'années. On ne peut pas à la fois dire que l'on combat d'une façon déterminée les trafics de stupéfiants et en même temps autoriser qu'on amène des drogues totalement illégales dans des centres d'injection. Le fait de vouloir autoriser ces centres d'injection est une irresponsabilité et une démission totale." Selon l'élu, qui dit avoir eu à ce propos des assurances de Matignon, il n'est donc pas question de créer de tels lieux.