Un homme tente d'éteindre un incendie en Russie où les sites nucléaires sont menacés
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Les incendies qui ravagent la Russie pourraient provoquer, comme en 2002 lors des feux gigantesques connus par le pays, une élévation de la radioactivité de l’air en France. C’est du moins la crainte qui agite Paris où la catastrophe de Tchernobyl n'a pas été oubliée. La France a d'ores et déjà décidé d'envoyer des experts sur place, en plus des secours qui ont décollé de Marignane lundi.
Pour l'heure, néanmoins, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se veut rassurant. Ces experts citent en effet le précédent des incendies qui ont touché la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie en septembre 2002 et estiment que les traces de radioactivité mesurées à l'époque étaient "trop faibles pour représenter un risque pour la santé et l'environnement".
Les associations antinucléaires tirent néanmoins la sonnette d'alarme. Les raisons de leurs craintes sont doubles. Il y a tout d'abord les régions qui ont été irradiées à l'époque de Tchernobyl et dont la flore est encore lourdement chargée en éléments radioactifs. Si ces forêts sont touchées, du césium 137, notamment, pourrait se propager dans l'air et atteindre le ciel de France. C'est ce qui s'était passé en 2002, le taux de césium dans l'atmosphère de l'hexagone avait alors été multiplié par 5. Il n'atteignait néanmoins que 0,15% de la dose à partir de laquelle le chef du laboratoire de l'IRSN estimerait que la situation "mérite attention". L'Observatoire du nucléaire affirme néanmoins que la contamination pourrait entraîner un risque de cancer, notamment en raison de la présence de strontium 90, un élément chimique qui se fixe sur les os des enfants.
La seconde source d'inquiétude est plus difficilement prévisible. Elle concerne les sites nucléaires russes menacés par les flammes. À Sarov, à 480 km de Moscou, plus de 800 hommes tentent d'éteindre le sinistre et les autorités affirment avoir évacué les matériaux radioactifs. Le complexe de Maïak, dans l'Oural, déjà théâtre d'une catastrophe nucléaire en 1957, a été placé en état d'urgence. Le site est capable de traiter 400 tonnes de combustible usagé et stocke de grandes quantités de déchets nucléaires. Enfin, plusieurs installations nucléaires se trouvent dans des zones à risque. Si les pompiers ne parviennent pas à stopper le feu avant qu'il atteigne ces sites à risque, la catastrophe pourrait être majeure.
Caroline Magnan (DioraNews)