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Le discours de Nicolas Sarkozy sur l'insécurité, le 30 juillet à Grenoble Le discours de Nicolas Sarkozy sur l'insécurité, le 30 juillet à Grenoble - © Photo AFP

Nicolas Sarkozy a choisi de monter d'un cran dans le ton sécuritaire, et surtout les mesures proposées. Revenu à Grenoble, théâtre de violences mi-juillet, pour installer le nouveau préfet de l'Isère, le président a annoncé vendredi une série de mesures choc contre la grande délinquance et les agressions de membres des forces de l'ordre.

Lutter contre la délinquance, encore et toujours. Première mesure phare: le chef de l'Etat demande que la nationalité française puisse "être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte" à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de tout autre "dépositaire de l'autorité publique". Nicolas Sarkozy souhaite aussi "que l'acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique". "La nationalité française se mérite. Il faut pouvoir s'en montrer digne. Quand on tire sur un agent chargé des forces de l'ordre, on n'est plus digne d'être Français", selon lui.


Deuxième mesure: il propose que, dès la rentrée parlementaire, les peines planchers, qui visent actuellement les seuls récidivistes, puissent désormais s'appliquer "à toutes les formes aggravées c'est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d'une autorité publique". 24 000 peines plancher ont déjà été prononcées, s'est-il félicité. "L'instauration d'une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera discutée au Parlement dès la rentrée".


Dans National hebdo de février-mars 1999, relève lemonde.fr, un article résumant les propositions du Front National en matière de délinquance évoquait le "refus de l'octroi automatique de la nationalité française pour les enfants nés sur le sol français de parents étrangers et condamnés pour crime ou délit par les juridictions pour mineurs". Cette proposition devrait donc plaire aux sympathisants du FN.


Nouveau virage à droite, escalade sécuritaire dénoncent certains... Jamais depuis son élection le président n'avait fait aussi nettement le lien entre insécurité et immigration, un registre réservé jusqu'ici à l'extrême-droite. Comme lors de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a imputé une partie des problèmes d'insécurité de la France aux populations immigrées. "Nous subissons les conséquences de cinquante années d'immigration insuffisamment régulée, qui ont abouti à un échec de l'intégration". Martial, il a parlé de "guerre nationale" contre les "voyous".


Dominique de Villepin a ironisé sur l'emploi du mot "guerre", rappelant que "la guerre contre le terrorisme, c'est la terminologie des néo-conservateurs américains et de Georges Bush avec le peu de succès que l'on sait". Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a dénoncé vendredi le "discours usé" de Nicolas Sarkozy, jugeant "particulièrement graves" les annonces du chef de l'Etat.


Troisième et dernière mesure: Nicolas Sarkozy souhaite que l'on évalue les droits et prestations auxquels ont accès les étrangers en situation irrégulière. "Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droits qu'une situation régulière et légale !". Soulignant qu'en 2009 "le taux de chômage des étrangers non communautaires a atteint 24%", soit 2 fois plus que la moyenne nationale, le président a fait sienne la formule de Michel Rocard selon laquelle "la France ne peut accueillir toute la misère du monde".

Antoine Laquet (DioraNews)
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