Image diffusée par IntelCenter montrant Michel Germaneau, otage d'Al-Qaïda au Maghreb islamique
- © Photo AFP
Beaucoup de questions restent encore en suspens après la mort de Michel Germaneau. Dimanche soir, le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a annoncé sur Al-Jazira que le groupe avait "exécuté" la veille l'otage français enlevé au Niger. Et ce, "pour venger [...] six frères tués dans la lâche opération de la France", aux côtés des forces mauritaniennes contre une unité de l'organisation djihadiste au Mali.
"Sarkozy a échoué à libérer son compatriote par cette opération, mais il a sans aucun doute ouvert pour lui, pour son peuple et pour son pays l'une des portes de l'enfer", avait prévenu le chef de l'Aqmi. La France avait participé jeudi avec 20 à 30 hommes au raid qui, selon les autorités mauritaniennes, aurait fait 7 morts parmi les membres d'Aqmi.
Enlevé le 19 avril dans le nord du Niger, puis tombé entre les mains d'Aqmi, Michel Germaneau était détenu au Mali par une cellule dirigée par l'Algérien Abdelhamid Abou Zeïd. Celui-ci avait déjà exécuté il y a 13 mois un otage britannique, Edwin Dyer.
La mort de l'otage français a fait l'objet de nombreuses condamnations dont celles de Washington et de l'Union européenne qui ont dénoncé un "acte odieux". "Ce crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni", a promis Nicolas Sarkozy. "Ils ont assassiné de sang-froid une personne de 78 ans, malade, à qui ils ont refusé de faire parvenir les médicaments dont elle avait besoin", a-t-il déclaré dans une intervention télévisée.
"Je condamne cet acte barbare, cet acte odieux qui a fait une victime innocente qui consacrait son temps à aider les populations locales", a-t-il ajouté à l'issue d'une réunion d'un conseil de sécurité et de défense réunissant des responsables ministériels et du renseignement.
Il est extrêmement rare que des otages français meurent en détention. Les derniers sont les sept moines Trappistes de Tibéhirine en Algérie, enlevés au printemps 1996 par le GIA et tués deux mois plus tard. Mais les circonstances de leur mort n'ont pas encore été éclaircies. Sinon, il faut remonter à 1985 avec la mort au Liban du sociologue Michel Seurat, enlevé et exécuté par le Djihad islamique alors qu'il était malade.
En revanche, un autre otage français d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, Pierre Calmatte, séquestré pendant 3 mois au Mali, avait été libéré en février dernier, après la libération par Bamako de 4 islamistes.