Un incendie criminel a ravagé 900 ha de végétation dans les Bouches-du-Rhône
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C'était le premier grand feu de cet été pourtant chaud. L’incendie qui s'est déclenché dans la nuit de samedi à dimanche dans les Bouches-du-Rhône a détruit 900 hectares de végétation près de l'étang de Berre. Il n'a heureusement pas fait de gros dégâts, mais, attisé par le Mistral, a tout de même détruit un cabanon et bouleversé les habitants de Carry-le-Rouet dont il a menacé les maisons pendant toute une partie de la journée du dimanche. Le camping et ses 2 000 occupants ont été évacués.
"On a vécu une mauvaise aventure, avec tout ce que cela peut comporter de stress et de larmes" a raconté un propriétaire. "Sur ces communes de la côte Bleue, c'est un drame", a souligné le maire de Sausset, Eric Diard. "Elles avaient déjà été touchées (par des incendies) dans les années 1970-80. Depuis, la nature avait repris ses droits".
Mais maintenant que le feu est maîtrisé, ce qui risque d'attiser la colère des riverains c'est de savoir ce qui a causé le sinistre. Selon les 1ers éléments de l'enquête, il s'agit en effet d'un incendie criminel. Un 4x4 de luxe a été retrouvé carbonisé au coeur du massif, sur une route interdite à la circulation. Les enquêteurs pensent qu'il s'agit d'un véhicule volé lors d'un cambriolage à Marignane dans la nuit de vendredi à samedi. Les voleurs seraient tombés en panne dans les bois et auraient décidé d'incendier le véhicule pour dissimuler leurs traces.
Si on les retrouve, que risquent ces incendiaires? Au-delà de l'accusation de vol, ils risquent une lourde peine pour incendie volontaire. La loi Perben II de 2004 prévoit des condamnations pouvant aller jusqu'à 20 ans de prison et 200 000 euros d'amende pour un incendie volontaire qui peuvent être majorées en fonction des dégâts et des victimes. Les incendiaires involontaires eux, ces promeneurs qui jettent un mégot dans la garrigue par exemple, encourent des peines allant jusqu'à 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende qui, là aussi, peuvent être majorées. Si l'incendie fait un mort, la justice peut réclamer 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende.
La semaine dernière, 2 pompiers corses ont écopé de 2 ans de prison pour avoir déclenché des feux l'été dernier dans le maquis afin de toucher les primes inhérentes à leur intervention pour éteindre l'incendie.
Caroline Magnan (DioraNews)