Les salariés de General Motors manifestent
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Les salariés de GM à Strasbourg ont massivement accepté les conditions posées par le constructeur automobile pour la reprise du site. Lors d'un référendum organisé par la CFDT, FO et la CFTC, ils ont voté à 70% oui au projet qui, pourtant, prévoit un gel des salaires sur 2 ans, la suspension de l'intéressement jusqu'en 2013 et l'abandon de 6 de leurs 16 jours de RTT. En échange, General Motors promet de conserver tous les effectifs (1 150 emplois) et garantit au site de Strasbourg un carnet de commandes bien rempli jusqu'en 2014. Le constructeur qui a été récemment sauvé de la faillite par le gouvernement américain demandait à ses employés français de "réduire l'écart avec les coûts pratiqués au Mexique" en baissant de 10% ses coûts salariaux.
Reste à convaincre la CGT qui dénonce un "véritable recul social". "Nous n'avons pas à nous comparer aux travailleurs qu'on exploite au Mexique, en Chine ou je ne sais où", explique le syndicat qui pourrait bloquer un accord: la direction exige en effet l'accord des 4 centrales pour valider la reprise.
Ce type de "chantage" à la reprise des entreprises en difficulté s'est multiplié ces dernières années. Et ils n'ont pas toujours amené le succès escompté. Si les employés de Peugeot Motocycles peuvent se féliciter d'avoir accepté de travailler plus (35h au lieu de 30 ou 32 et moins de RTT), pour d'autres, accepter de rogner sur les acquis sociaux n'a permis qu'un gain de temps. Ainsi, les employés du groupe volailler Doux ont voté pour un accord similaire en 2004. En 2008, le groupe fermait pourtant 3 sites, supprimant 600 emplois. Chez Continental, à Clairoix, la durée de travail a augmenté en 2007. En vain puisque le site a fermé 6 mois plus tard, licenciant 1 120 salariés. Chez Bosch, en 2004, les employés ont accepté de passer de 35 à 36h et ont renoncé à 6 jours de RTT, mais aujourd'hui, l'usine est à nouveau menacée. Même constat chez Hewlett-Packard où la CGT dénonce "un plan social tous les 3 ans" malgré la suppression en 2006 de 12 jours de RTT.
Pourtant, en cas de refus, le retour de bâton peut-être douloureux. Ainsi les salariés du site Goodyear d'Amiens-Nord qui avaient refusé la réorganisation qu'on leur proposait ont vu leur usine mettre définitivement la clé sous la porte...
Caroline Magnan (DioraNews)