Brice Hortefeux a visité Saint-Aignan au lendemain des violences
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Trois ans après les émeutes de 2007, la France a de nouveau connu ce week-end une vague de violence. A Grenoble d'abord où la mort d'un jeune homme abattu par la police après un braquage a enflammé le quartier de La Villeneuve qui a vécu 3 nuits de guérilla urbaine. A Saint-Aignan, ensuite, et dans la vallée du Cher, où des gens du voyage ont voulu venger la mort de l'un des leurs, tué par un gendarme après une course-poursuite.
Pour la gauche, ces évènements signent "l'échec d'une politique très manichéenne", mise en place par Nicolas Sarkozy qui avait pourtant promis de nettoyer "la racaille au kärcher". Même constat d'échec au Front national qui estime le gouvernement "totalement dépassé" par une situation que Marine Le Pen, sa vice-présidente, qualifie de "chaos". "La France est livrée aux racailles, aux casseurs, aux bandes armées. Nos rues sont le théâtre de véritables scènes de guerre", dénonce-t-elle. Elle accuse le gouvernement d'avoir "par son attitude irresponsable et immorale contribué à délégitimer l'autorité de l'Etat" alors que "la situation appelle sa restauration ferme et rapide".
Le PS, lui, dénonce la suppression de la "police de proximité", mise en place par Lionel Jospin, qui a laissé place dans les "quartiers de la République" au "Raid, aux blindés et aux hélicoptères". Manuel Valls propose donc de lancer un "Grenelle de la sécurité", reprenant l'idée de Michel Destot, le maire PS de Grenoble. Ce dernier, qui a subi les émeutes de ce week-end, rappelle que l'insécurité a un coût: 115 milliards d'euros par an, selon l'Institut de la Justice. Soit le double de l'effort de rigueur à réaliser chaque année par les Français. Or le président a prévu de faire des économies sur le nombre de policiers et de gendarmes.
"Nous, nous assumons la complexité de la réponse", explique Benoît Hamon qui associe "service public, éducation politique familiale" et "répression et justice". Frédéric Lefebvre répond par l'ironie au PS qui, alors que se posent des "questions de sécurité graves veut un nouveau colloque". Selon lui, la place est plutôt "à l'action". Il réclame donc "des forces de l'ordre exemplaires et une société d'une fermeté exemplaire" et estime que "c'est le cas aujourd'hui".
Caroline Magnan (DioraNews)