Liliane Bettencourt pourrait être incarnée par Jeanne Moreau, Nathalie Baye ou Gisèle Casadesus
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De la Une des journaux aux écrans de cinéma, l'affaire Bettencourt n'a pas fini de parler d'elle. On avait évoqué "Dallas", et son "univers impitoyable" pour décrire cette affaire qui touche à la fois les milieux financiers, artistiques et politiques, mais le réalisateur d'OSS 117, lui, imagine plutôt une "comédie italienne, à la fois drôle et cruelle". Michel Hazanavicius a d'ailleurs déjà trouvé un producteur (Thomas Langmann, fils de Claude Berri), un titre ("Parce que je le vaux bien") et est en train d'écrire le scénario. Il pense se centrer sur les personnages qui gravitent autour de Liliane Bettencourt, "des domestiques la journée qui deviennent des millionnaires le soir parce qu'ils bénéficient des largesses de leurs employeurs".
Du côté du casting, en revanche, il reste encore du travail. Le producteur aimerait convaincre Jeanne Moreau d'incarner la milliardaire de 87 ans, héritière de L'Oréal aujourd'hui accusée de faiblesse par sa fille. Le tournage serait prévu pour l'été 2011.
Michel Hazanavicius a raison de se dépêcher: il pourrait se faire voler son idée. Claude Chabrol ou Lucas Belvaux seraient également tentés par l'adaptation de cette incroyable saga aux répercussions judiciaires, politiques et financières en cascade. Claude Chabrol, lui, serait plus intéressé par l'angle judiciaire, par les stratégies de défense de chacun et se contente donc pour le moment de suivre l'affaire de près. Au cas où, il pense néanmoins à Gisèle Casadesus pour le rôle de Liliane Bettencourt. Il envisage également Christian Clavier dans le rôle du président Sarkozy. Lucas Belvaux, lui, est captivé par l'aspect politique de l'histoire et l'implication des hautes sphères. Quant à Xavier Beauvois, également interrogé sur le sujet par Médiapart, il n'a pas envie de "filmer une histoire aussi détestable, de montrer des gens qu'(il) n'aime pas". Mais, au cas où, il voit bien une transposition des faits au XVIIIe siècle et Nathalie Baye dans le rôle de la milliardaire "après quatre heures de maquillage".
Jusqu'à présent, les différentes tentatives du cinéma français pour se saisir de l'actualité ("L'ivresse du pouvoir" de Claude Chabrol sur l'affaire Elf, "Streamfield les carnets noirs" de Jean-Luc Miesch sur l'affaire Clearstream ou "Une affaire d'Etat" d'Eric Valette sur la françafrique) n'ont rencontré qu'un succès mitigé. Michel Hazanavicius, fort de ses cartons au box-office pour les 2 "OSS 117" pourra-t-il faire mieux en amenant une affaire aussi complexe sur le terrain de la comédie ?
Caroline Magnan (DioraNews)