Nicolas Sarkozy tient une conférence de presse, le 6 juillet à Brie-Comte-Robert
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L'affaire Bettencourt a franchi un nouveau cap mardi, avec les nouvelles révélations de Mediapart. Selon le site, l'ex-comptable des Bettencourt assure qu'Eric Woerth a touché 150 000 euros en cash pour la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007. Claire T. affirme aussi que Nicolas Sarkozy, quand il était maire de Neuilly de 1983 à 2002, était "un habitué" de la table des Bettencourt et "recevait aussi son enveloppe". Et de souligner: "Tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l'argent".
"C'est totalement faux", a répliqué l'entourage du président. Lors d'un déplacement en Seine-et-Marne, Nicolas Sarkozy a évoqué cette affaire à mots couverts. "J'aimerais tellement que le pays se passionne pour les grands problèmes que sont la santé, l'organisation de la santé, les retraites, comment on va créer de la croissance, plutôt que de s'emballer à la première horreur, calomnie qui n'a qu'un seul but, salir sans aucune espèce de réalité", a-t-il déclaré lors d'une table ronde sur la médecine de proximité à Brie-Comte-Robert.
François Fillon est également monté au créneau. Le Premier ministre s'est exprimé lors d'une conférence de presse au Parlement européen, évoquant une "chasse à l'homme" et une "entreprise systématique de déstabilisation". C'est plutôt l'Assemblée qui a été un peu déstabilisée en début d'après-midi. La séance de questions au gouvernement a tourné au pugilat entre la droite et la gauche. Les membres du gouvernement ont joué le rôle de bouclier autour d'Eric Woerth, qui s'est contenté de répondre aux questions concernant directement la réforme des retraites.
Planté en première ligne, François Baroin a torpillé les attaques de l'opposition. Le successeur d'Eric Woerth au Budget a accusé la gauche de faire le jeu de l'extrême droite. Dans un style emphatique, il a feint de s'étonner que d'anciens ministres, qu'un ancien trésorier du PS et président de l'Assemblée nationale (NDLR Laurent Fabius) puissent mettre à mal la République en favorisant le populisme. Devant une telle diatribe, une grande partie de la gauche s'est levée et a quitté l'hémicycle.
Au coeur de cette tourmente politico-judiciaire, Eric Woerth est venu se défendre sur le plateau du 20h de TF1. Le ministre du Travail a réaffirmé qu'il ne comptait pas démissionner et que cette affaire était une cabale politique destinée à le déstabiliser en pleine réforme des retraites. Dès la première question, Laurence Ferrari est entrée dans le vif du sujet. "Avez-vous vous oui ou non reçu 150 000 euros destinés au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy ?", lui a demandé la journaliste. "Je n'ai jamais reçu d'argent de manière illégale", a répondu le ministre, ajoutant que "cette campagne est vérifiée, je n'ai jamais touché un euro".
Plus tôt, Michèle Alliot-Marie avait remis les pendules à l'heure. La justice est "totalement indépendante", a assuré la garde des Sceaux. "L'innocence se présume et la culpabilité se prouve". Mais le temps est désormais compté. Jean-François Copé a appelé le président à "parler aux Français". "Quand il le jugera utile mais je crois que c'est important qu'il y ait ce message du président". Jean-Pierre Raffarin s'est montré plus pressant sur Europe 1. "Je pense que c'est utile que le président s'exprime très vite", a expliqué l'ancien Premier ministre.