Des personnes se rafraîchissent au bord d'une fontaine à Toulouse.
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15 000 morts. Le chiffre fait froid dans le dos. En août 2003, la France a fait face à une catastrophe sans précédent. 15 000 personnes y ont laissé leur vie. Jamais le pays n'avait connu une vague de chaleur aussi intense. Des records absolus de températures ont été battus un peu partout dans l'Hexagone.
Ce mois d'août a eu de lourdes conséquences. En premier lieu au sein du gouvernement de l'époque. Le ministre de la Santé, Jean-François Matteï, a même dû démissionner du gouvernement Raffarin. Ce dernier a reconnu, a postériori, l'absence d'anticipation et la défaillance du système d'alerte, avant de parler d'un "drame immense et infini" qui l'avait "meurtri". Les premières alarmes avaient été lancées par les responsables des services d'urgence des hôpitaux qui se voyaient débordés. Puis ce sont les chambres mortuaires qui ont rapidement été saturées. La chaleur ne permettant pas de conserver les dépouilles toujours plus nombreuses dans une pièce non réfrigérée.
La canicule de l'été 2003 a été à l'origine de 70 000 décès en Europe dont plus de 20 000 avant le mois d'août, mois pourtant le plus chaud de cette vague de chaleur. 4 millions de volailles sont mortes rien qu'en France.
Cette année, Roselyne Bachelot a donc décidé de prendre les choses en main en amont. Jeudi, elle a détaillé le plan canicule 2010, destiné à éviter que ne se reproduise la catastrophe de 2003. Le niveau de "veille" a été déclenché comme tous les ans le 1er juin. En cas d'alerte canicule, les pouvoirs publics peuvent déclencher deux autres niveaux de mobilisation.
Maintenant, pour parler de canicule, il faut atteindre un certain niveau de chaleur, différent selon les endroits de France, jour et nuit pendant au moins trois jours. Le pays est confronté à un épisode de chaleur depuis plusieurs jours. La vigilance est extrême dans les services du ministère de la Santé. En 2010, "il y aura plus de lits ouverts qu'en 2009" dans les hôpitaux, déclare la ministre.
Patrick Pelloux, président du syndicat des urgentistes et qui fût l'un des premiers à alerter l'opinion en 2003, regrette que Roselyne Bachelot présente le même plan tous les ans alors que "la situation de l'hôpital s'est dégradée d'une manière délirante".
Michel Barisano (DioraNews)