Nicolas Sarkozy a invité son gouvernement à faire des économies mais semble s'être épargné
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Il réclame une "République irréprochable" et met ses ministres au régime sec en raison d'un "impératif moral": réaliser des économies dans le budget de l'État. Une "exemplarité" qui, selon Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, "doit être saluée à l'heure où il est demandé des efforts à tous les Français".
Pourtant, tous sont loin d'être convaincus. D'abord, parce que ces économies restent symboliques. "Ce n'est pas mes huit collaborateurs en moins, si ça doit être le cas, qui résorberont la dette, c'est clair", confirme Christine Lagarde. Ensuite parce qu'elles semblent , pour certaines, faire plus partie de la simple honnêteté que d'une vraie austérité. Ainsi, Martine Aubry se dit "étonnée" de voir le président rappeler aux ministres "de ne pas utiliser les moyens de l'État à des fins personnelles, alors que cela devrait être naturel".
Mais de nombreuses voix s'élèvent également pour s'étonner de ce que les économies ne frappent que très peu le chef de l'État lui-même. Dominique de Villepin affirme ainsi que le président aurait pu se passer du nouvel A330 spécialement aménagé qu'il doit recevoir à l'automne, économisant ainsi 180 millions d'euros... Pour Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy "serre la vis de tout le monde sauf la sienne. Puisqu'il s'agit de symbole, il aurait pu également revenir sur l'augmentation de 172 % qu'il s'est accordée et qui a été un des premiers gestes de sa gouvernance". En 2007, l'Assemblée avait augmenté le traitement du chef de l'État, le passant d'environ 7 000 euros par mois à 19 000, afin d'y inclure les "fonds spéciaux" utilisés par la présidence de la République jusqu'en 2002. Une augmentation de 170% également visée par Jérome Cahuzac, président PS de la commission des finances de l'Assemblée nationale qui note néanmoins avec intérêt la disparition de la garden party du 14 juillet.