Nicolas Sarkozy à l'Elysée où il a reçu Thierry Henry
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L'Elysée l'affirme, c'est à la demande de Thierry Henry que celui-ci a été reçu ce jeudi midi par le président de la République. Mais cette version est contestée par certains, notamment par Pierre Ménès, commentateur sportif proche de Thierry Henry qui assure que c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui a organisé cette entrevue. Un rendez-vous qu'il justifie car "s'il ne s'en mêle pas, je vous fiche mon billet que le Conseil Fédéral, dans un bel élan collectif, ne bougera pas d'un iota !"
D'autres soulignent que l'image de la France a été tellement écornée par la débâcle des Bleus, et surtout par tous les coups d'éclat qui l'ont entouré, qu'il est normal que celle-ci devienne une affaire d'Etat. Avant même ces péripéties, le président avait déjà misé gros politiquement sur ce Mondial, espérant qu'il redonnerait le moral à la France. Dès janvier, il avait longuement reçu Raymond Domenech pour qu'il lui explique son projet... la déception n'en est que plus douloureuse.
Du coup, toute l'équipe gouvernementale s'est saisie du sujet. Mercredi, Nicolas Sarkozy a demandé l'organisation d'états généraux du football français en octobre pour tirer les leçons de cette élimination. Rama Yade a appelé à "un big-bang du foot français" et Roselyne Bachelot déclare désormais que "le retrait de Jean-Pierre Escalettes, je ne l'ai pas souhaité mais je le trouve aujourd'hui inéluctable". Deux députés UMP ont même réclamé une commission d'enquête parlementaire qui réfléchirait à des "sanctions" contre les joueurs.
Mais cette mobilisation de l'exécutif ne fait pas l'unanimité. "On atteint le summum du ridicule", s'est écrié Daniel Cohn-Bendit. Cécile Duflot crie à "l'indécence" alors que la journée a rassemblé 800.000 à 2 millions de personnes dans la rue contre la réforme des retraites. "En transformant notre équipe nationale de football en affaire d'État, le président se garde bien d'imaginer les mesures réellement salutaires pour le pays", explique-t-elle. Martine Aubry a également dénoncé le "pied de nez " de Nicolas Sarkozy à "tous les Français dans la rue." Des manifestants qui, eux-mêmes, ont ironisé, Bernard Thibault affirmant que "dès lors que 23 grévistes (les Bleus) parviennent à modifier l'agenda du président de la République, on pourrait penser que les responsables syndicaux puissent être reçus".
Quant aux députés, tous n'ont pas envie d'enquêter sur cette triste affaire: "je trouve que c'est absolument déconnecté des réalités, le Parlement n'est pas fait pour ça", a ainsi dénoncé Jean-Pierre Grand. Le député villepiniste conclut "s'ils ont les pieds carrés et s'ils n'ont pas envie de courir, ce n'est pas en faisant une commission d'enquête qu'on arrangera les choses, c'est en les virant et en ne les payant plus".
Caroline Magnan (DioraNews)