Bart De Wever, le leader du mouvement nationaliste flamand N-VA
- © Photo AFP
C'est une victoire inédite. Le mouvement indépendantiste flamand remporte les législatives en Flandre, où vit la majorité de la population (60% des 10,5 millions de Belges). La N-VA (Nouvelle Alliance flamande) obtient 29% des voix dans la région du nord, selon les projections de la télévision publique VRT.
C'est le meilleur score jamais réalisé par un parti prônant l'indépendance. Chez les Néerlandophones, la N-VA devance largement son ancien allié, le parti chrétien-démocrate (CD&V) de l'actuel Premier ministre Yves Leterme. Avec les voix du Vlaams Belang (extrême-droite) et d'un autre parti populiste, les idées indépendantistes rassemblent quelque 45% des voix flamandes.
Ce séisme politique risque d'aggraver les tensions entre les deux communautés. D'autant qu'en Wallonie et à Bruxelles (francophones), le Parti socialiste arrive largement en tête (36%). L'extrême gauche progresse dans certaines villes traditionnellement ouvrières. La gauche s'impose dans la Région au détriment du Mouvement réformateur (centre-droit libéral), du vice-Premier ministre sortant, Didier Reynders, premier parti de Wallonie il y a trois ans.
Il semble donc improbable qu'une coalition gouvernementale soit formée avant plusieurs mois. Et que celle-ci trouve un compromis sur l'autonomie régionale renforcée que réclament les partis flamands. "On préférerait gouverner sans la N-VA si possible", mais il y a des "chances qu'il faille gouverner avec les indépendantistes", reconnaissait dimanche le ministre de l'Energie, le socialiste francophone Paul Magnette.
L'électorat flamand refuse d'"entretenir" la Wallonie, taxée de paresse, de corruption et de mauvaise gestion. Les disparités économiques restent fortes entre les deux régions: chômage à moins de 5% en Flandre, plus de 10% en Wallonie et plus de 15% pour la Région Bruxelles.
Julie Coste (DioraNews)