Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le 1er juin 2010 à Paris
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Voilà un soutien plutôt inattendu pour Brice Hortefeux, après "la confiance et l'amitié" accordées vendredi par François Fillon. Ce sont plusieurs personnalités de gauche qui sont venues dimanche à sa rescousse, après sa condamnation vendredi à une amende de 750 euros pour avoir tenu en septembre 2009 des propos jugés "outrageants" envers les personnes d'origine arabe. Brice Hortefeux a décidé de faire appel.
C'est Julien Dray qui a dégainé le premier. Le député PS estime que le ministre de l'Intérieur est "un "républicain qui n'est pas raciste", mais a eu "une phrase inacceptable". Un avis partagé par Michel Charasse. L'ancien sénateur du Puy-de-Dôme et actuel membre du Conseil constitutionnel juge également que Brice Hortefeux - élu auvergnat lui aussi - n'est pas raciste. Interrogé dimanche sur Europe 1, Michel Charasse a appelé à "attendre la fin du processus judiciaire". Ces polémiques, "ce sont des risques du métier, surtout avec la manie d'indiscrétions des journalistes qui, lorsque vous êtes en train de discuter en privé dans un coin, trouvent le moyen de vous coller un micro sous le nez alors que vous dites 'Dupont est toujours aussi con, Durand m'a fait chier toute la semaine'. Et puis, pan ! Tout ça, c'est enregistré".
Dans la valse des réactions à gauche, certaines sont bien évidemment négatives. Le député socialiste Pierre Moscovici a déclaré dimanche sur Radio J que le ministre de l'Intérieur n'avait "pas sa place au gouvernement". Mais que réclamer sa démission relevait de "la gesticulation" car Nicolas Sarkozy le maintiendra à son poste. Pour Benoît Hamon, le porte-parole du PS, Brice Hortefeux devrait avoir la "dignité" de démissionner.
"Pour la démission, on va voir quand la décision sera définitive parce qu'il y a un appel", a observé Laurent Fabius dimanche sur iTélé. Pour autant, "un ministre de l'Intérieur condamné de manière définitive pour injure raciale, ça pose un évident problème. Je pense d'abord qu'il aurait dû s'excuser parce que le jugement du tribunal [...] est assez sévère et cinglant", a enchaîné le député de Seine-Maritime, observant que la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris n'était "pas un tribunal de seconde zone". "Imaginez ce que ce serait en Grande-Bretagne, en Allemagne ou dans d'autres démocraties...".
Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a appelé à un rassemblement lundi à 18h devant le ministère de l'Intérieur, place Beauvau à Paris, ainsi que devant les préfectures et les mairies. Le MJS réclame la démission de Brice Hortefeux.