Le navire turc Mavi Marmara, à l'approche du port d'Ashdod
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C'est toujours la confusion après l'attaque sanglante du commando israélien lundi, à l'aube. Dix-neuf passagers ont été tués et 36 autres blessés lors de l'assaut donné par les commandos israéliens contre une flottille humanitaire internationale qui se rendait à Gaza. Mais le bilan varie selon les sources: 9 passagers ont été tués dans le raid selon l'armée israélienne, qui évoque 7 blessés dans ses rangs. Une ONG turque à Gaza, qui a participé au convoi, parle d'au moins 15 morts, la plupart des victimes étant de nationalité turque.
Face à l'indignation de la communauté internationale, le premier ministre israélien a réagi. Benyamin Nétanyahou a confié lundi soir regretter "les pertes de vie et la violence qui a eu lieu", lors de l'attaque du bateau amiral turc. Mais il a apporté "son entier soutien" à l'armée israélienne. Nicolas Sarkozy a condamné "l'usage disproportionné de la force", exigeant "toute la lumière sur cette tragédie".
Baptisée "flottille de la liberté", l'opération consistait en l'acheminement à Gaza de 10 000 tonnes d'aide humanitaire par l'intermédiaire de 6 bateaux partis de Chypre dimanche. Environ 600 personnes de 50 nationalités différentes étaient présentes à bord du navire amiral, le Mavi Marmara, mais la majorité des passagers était turque.
Les autorités israéliennes avaient annoncé leur intention de bloquer ce convoi, qu'elles qualifiaient de "provocation", y compris par la force. En effet, depuis la prise de contrôle en juin 2007 par le Hamas, un blocus strict (sauf pour les produits de première nécessité) est exercé sur la bande de Gaza par Israël. Les ONG entendaient également, à travers cette opération, le dénoncer.
Des milliers de personnes ont manifesté en Jordanie, en Egypte, en Iran et au Liban. Plus de 2 000 personnes ont brandi à Amman des drapeaux jordaniens et palestiniens et scandé "Mort à Israël" et "Pas de reddition" en réclamant la "Fin du blocus de Gaza".
En France, plusieurs milliers de manifestants ont dénoncé lundi soir l'attaque de la flottille au large de Gaza. A Paris, 1 200 personnes étaient rassemblées au niveau de l'ambassade d'Israël, à proximité des Champs-Elysées, bloquant partiellement l'avenue. Egalement à Strasbourg, Lille, Marseille, Lyon et Toulouse, des milliers de manifestants ont répondu à l'appel de collectifs propalestiniens, rejoints par plusieurs organisations de gauche, dont le PCF, le NPA et les Verts.