Martine Aubry a annoncé mardi son contre-projet de réforme des retraites.
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Longtemps attendu, le contre-projet de réforme des retraites du PS a été annoncé ce mardi soir par Martine Aubry. Deux jours après la remise par le gouvernement aux syndicats d'un document d'orientation plus ou moins bien accueilli, la première secrétaire socialiste a dévoilé ses propres pistes de réflexion.
Et tout d'abord, alors que ce point avait divisé l'opposition, elle affirme qu'il n'est, "pas question de toucher à l'âge légal du départ à la retraite". Quand le gouvernement annonce qu'il faudra travailler plus longtemps, elle déclare: "nous nous opposons de toutes nos forces au fait de repousser l'âge de la retraite au-delà de 60 ans". Le PS ne prévoit pas non plus d'allongement de la durée de cotisation jusqu'en 2020. Mais il se dit prêt "si nécessaire" à réexaminer ce point à ce moment-là.
Les socialistes avancent également l'idée d'une retraite choisie, "à la carte", avec un compte temps individuel.
En ce qui concerne le financement, c'est aux banques que le PS réserve sa première attaque. Il propose de surtaxer de 15% l'impôt sur les sociétés payé par les banques. Selon leurs comptes, cela permettrait de récolter trois milliards d'euros supplémentaires. Ce à quoi s'ajouteraient des taxes sur les revenus du capital, stock-options notamment, qui rapporteraient globalement 19 milliards d'euros dès 2010 et 25 milliards en 2025. Martine Aubry l'assure, de cette façon, le système devrait atteindre l'équilibre en 2025. Et elle ajoute: "il ne faut pas sous-estimer le problème structurel du financement. Mais il ne faut pas non plus le dramatiser, comme le fait le gouvernement".
Éric Woerth, de son côté, a déclaré ce mardi que "tout n'est pas verrouillé" sur la réforme des retraites qu'il a présentée ces jours-ci aux syndicats. D'ailleurs, la contribution annoncée des plus hauts revenus n'a pas encore été détaillée. Et si "le gouvernement a toujours dit qu'il privilégierait l'idée qu'il fallait travailler plus longtemps, on n'a pas dit sous quelle forme, on est en train d'y réfléchir, on n'a fermé aucune porte".