Clotilde Reiss a été accueillie à l'Elysée à son retour en France
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Aucun marchandage, de simples coïncidences. Bernard Kouchner l'assure, la libération de Clotilde Reiss n'a fait l'objet d'aucune tractation entre la France et l'Iran. Pourtant, ces coïncidences interrogent. En effet, alors que la Française était retenue à Téhéran (d'abord en prison puis assignée à résidence à l'ambassade) depuis plus de 10 mois, sa libération intervient 10 jours après celle de Majid Kakavand, ingénieur iranien que réclamaient les États-Unis et que Paris a refusé d'extrader. Et c'est ce mardi que le juge d'application des peines doit se prononcer sur la demande de remise en liberté conditionnelle d'Ali Vakili Rad, l'un des assassins de l'ancien Premier ministre iranien Chapour Baktiar. "Cette succession de décisions judiciaires - et en France, on n'influence pas des décisions des juges - n'a rien à avoir avec un marchandage éventuel" assure le ministre des Affaires étrangères.
Depuis longtemps, Mahmoud Ahmadinejad avait pourtant lié le sort de Clotilde Reiss à celui des prisonniers iraniens de France. Ce à quoi Nicolas Sarkozy avait rétorqué: "Suis-je homme à aller échanger l'assassin de Chapour Bakhtiar contre une jeune étudiante dont le seul crime est de parler la langue de l'Iran et d'aimer la civilisation perse?"
Aujourd'hui, l'Iran aussi nie tout accord même si c'est au moment de l'élargissement de Majid Kakavand, qu'une "décision rapide" concernant Clotilde Reiss avait été évoquée.
Pour François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran, les Iraniens ont même perdu du temps en voulant lier les cas des prisonniers iraniens et celui de Clotilde Reiss. "Vakili Rad serait sorti plus tôt de prison si les Iraniens n'avaient pas créé ce lien. La justice française ne voulait pas donner l'impression qu'elle était à la botte" de Téhéran.
La jeune Française a été autorisée à quitter l'Iran après que sa condamnation à 10 ans de prison ait été commuée en amende. Au final, ces 230 000 euros environ correspondent à la caution que la France avait déjà versée pour obtenir la libération provisoire de l'étudiante en août dernier.
Caroline Magnan (DioraNews)