Forte consommation d'alcool lors des apéros géants
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La multiplication des apéros géants, lancés sur le premier réseau social (Facebook), vient de faire sa première victime. L'inquiétude monte au sein des autorités.
Le mouvement a été initié à Marseille en août 2009. Près de 3 000 inconnus avaient répondu présents. Cette rencontre spontanée a rapidement fait boule de neige. Ils étaient 6 000 personnes en mars à Rennes, plus de 7 000 à Brest et 10 000 à Montpellier hier soir. Le phénomène se cesse ne s'amplifier et la liste des villes organisatrices s'allongent de semaine en semaine: Nantes, Quimper, Lyon, Saint-Quentin (Aisne), Dinan (Côte d'Armor), Saint-Étienne...
La méthode est simple, comme un clic. Le site de socialisation fait le lien entre toutes ces personnes qui adhèrent à des groupes pour faire parler de leur ville. Les jeunes inscrits choisissent un lieu, fixent une date et prennent des "arrangements" avec la municipalité.
Pour Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS et auteur du livre "La Teuf. Essai sur le désordre entre générations", la popularité de ces événements serait liée à l'emballement qu'ont les jeunes pour Facebook. "Tout comme sur les pages personnelles et les groupes de Facebook, les organisateurs des apéros cherchent à séduire et à attirer le plus grand nombre possible de personnes".
"Cette volonté de faire du lien social n'est pas nouvelle, on le constate avec les repas de quartiers ou les fêtes de voisins, rajoute la sociologue Nina Testut. Ce qui est en revanche nouveau, c'est le changement d'échelle que permet l'outil Facebook. Il y a là une masse qui échappe au contrôle de l'Etat".
La police et les élus locaux sont démunis: ils n'ont aucun moyen de rentrer en contact avec les organisateurs, trop nombreux. Pour le moment, seul le maire de Quimper a réussi à interdire le rassemblement initialement prévu dans sa ville le 29 mai.
La sous-direction locale de l'information générale (ex-RG), qui assure la veille sur Internet, a pour sa part donné trois fois l'alerte. "Les soirées à Saint-Etienne ont avorté faute de participants en nombre suffisant ou parce que les initiateurs se sentaient dans le collimateur et craignaient d'être arrêtés", confie un policier. "À Nantes, au mois de novembre, les pompiers avaient dû sauver des gens dans la Loire. À Brest, le mois dernier, la place était jonchée de débris de verre", note amer Bernard Poignant, le maire de Quimper.
Et ce que redoutaient le plus les autorités est donc arrivé hier soir à Nantes où 9 000 personnes étaient réunies. "L'épisode nantais a montré qu'on est à la limite", commente Luc Ankri, le directeur du cabinet du préfet d'Ille-et-Vilaine, qui a géré le rassemblement de Rennes. D'après la police, le jeune homme a fait une chute de cinq mètres sur la tête, depuis le pont de la Rotonde de Nantes, dit Pont LU, qui surplombe des voies de chemins de fer.
"Il était accompagné d'autres personnes qui avaient consommé de l'alcool durant la soirée", a indiqué la préfecture. "L'enquête qui sera conduite sous l'autorité de la justice permettra de connaître avec exactitude les causes du décès". Selon les pompiers, la victime est un sapeur-pompier volontaire de Vendée.
Alors que se passera-t-il à Paris le 23 mai ? Un groupe Facebook vient de se créer et appelle à un nouvel "apéro géant". Lieu de rendez-vous ? La tour Eiffel où 50 000 personnes sont attendues.