Un père et sa fille lors de la manifestation en faveur des éoliennes, le 4 mai à Paris
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Les défenseurs de l'éolien ont obtenu une première victoire. Depuis l'échec de la conférence de Copenhague sur le climat en décembre, les "écolo-sceptiques" ont gagné du terrain, jusque dans la majorité. Et l'attitude du gouvernement depuis 2 mois semblait leur donner raison: abandon de la taxe carbone, report de la taxe poids lourd, propos du président Sarkozy au Salon de l'Agriculture ("L'environnement, ça commence à bien faire"). Le débat s'est alors crispé autour de l'énergie éolienne.
Des milliers d'employés et représentants de cette filière ont défilé mardi à Paris, aux cris de "Eolien, les emplois de demain!". Du coup, Patrick Ollier a renoncé. Juste avant l'examen du texte à l'Assemblée nationale, le président UMP de la Commission des Affaires économiques a abandonné cette disposition.
La controverse était venue de cet amendement niché au coeur du projet de loi Grenelle II, qui imposait un seuil minimum de 15 MégaWatts (soit 7 à 15 grandes turbines) pour les nouvelles implantations de fermes. Un seuil dénoncé par les promoteurs de l'énergie éolienne et par les écologistes comme une entrave certaine. Face à cette levée de boucliers, Jean-Louis Borloo avait laissé entendre mardi matin qu'un recul était possible.
Le ministre du Développement durable a appelé les députés à "dépasser les intérêts particuliers, les conservatismes, voire les pressions qui se sont exprimées récemment pour conserver telle ou telle pratique ancienne". Le matin même sur LCI, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno s'avouait "très réservée sur ces dispositions qui freinent l'éolien, parce que dans tous les cas, si on veut développer toutes les sources d'énergie, il faut mettre le curseur au maximum partout".
Le débat autour du projet de loi Grenelle II doit durer 30 heures. Les députés devront éplucher plus d'une centaine d'articles et 1 600 amendements au moins, qui fixeront les grandes orientations de la France en matière de bâtiment, transport, agriculture, biodiversité ou déchets.