"Il n'y a aucune décision prise par le président de la République", assure Eric Woerth
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C'est une information révélée par le journal Le Monde. L'Elysée envisagerait de "reporter l'âge légal de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63 ans en 2030, sans changer la réforme Fillon, qui prévoit d'allonger la durée de cotisation-retraites d'un trimestre par an", croit savoir le quotidien sur son site, qui cite des "sources concordantes".
Le gouvernement a fermement démenti lundi avoir arrêté un calendrier de recul progressif de l'âge légal de la retraite, réaffirmant que la réforme n'était pas encore écrite. Et ce, alors que se poursuit la concertation engagée avec les partenaires sociaux depuis le 12 avril. Les syndicats ont fait de la retraite à 60 ans un symbole à ne pas toucher, mise à part la CFE-CGC qui pourrait y renoncer sous conditions.
Pourtant, 2 jours après un 1er mai que les syndicats n'ont pas réussi à transformer en raz-de-marée pour la défense des retraites, cela ressemble bien à un ballon d'essai pour tester l'opinion. Même si l'Elysée s'en défend. "C'est absurde [...] Il n'y a pas de piste privilégiée pour l'instant et encore moins de décision de prise", a affirmé à l'AFP une source à la présidence de la République. Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a renchéri: "Ce n'est pas Le Monde qui fait les réformes".
De son côté, le ministre du Travail est catégorique. "Ce sont des informations qui ne reposent sur rien, il n'y a aucune décision prise par le président de la République et par le premier ministre", a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion à Matignon consacrée au grand emprunt.
Reculer l'âge légal serait "profondément injuste et pas très efficace", juge Jean-Louis Malys de la CFDT. "Quelqu'un qui a commencé à travailler à 17 ans devra cotiser pendant 46 ans pour avoir une retraite pleine et entière" si l'âge minimal est reporté à 63 ans. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a dénoncé un "calendrier de passage en force", où "tout était préparé depuis longtemps".
Les besoins de financement du système de retraite pourraient atteindre de 40,7 à 48,8 milliards d'euros en l'absence de réforme d'ici 2020, selon le dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites publié mi-avril.