La fessée rendrait les enfants agressifs
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Le Conseil de l'Europe a la fessée dans le collimateur. L'institution pointe du doigt les pays qui, comme la France ou le Royaume-Uni, n'ont pas encore interdit les châtiments corporels infligés aux enfants.
Il y a 30 ans, la Suède était la première à prohiber la fessée. Depuis, une vingtaine d'Etats européens l'ont interdite. Les opposants à la fessée se sont réunis mardi, à Strasbourg, à l'occasion de cet anniversaire et sous l'égide de l'ONG Save the children.
De nombreuses personnalités soutiennent la campagne "Levez la main contre la fessée" du Conseil de l'Europe : les joueurs de l'équipe du Real Madrid, l'actrice italienne Claudia Cardinale ou l'ancien président russe Mikhaïl Gorbatchev.
En France, la députée et pédiatre Edwige Antier (UMP) a déposé en janvier une proposition de loi pour inscrire l'interdiction des châtiments corporels dans le Code civil. "L'enfant a droit à une éducation non violente. Aucun enfant ne peut être soumis à des châtiments corporels ou à toute forme de violence physique", pose l'article unique du texte.
Une récente étude de l'université américaine de Tulane lui donne raison. Celle-ci conclut que, "par rapport aux enfants qui ne sont pas frappés, ceux qui subissent régulièrement un châtiment ont montré des signes d'agressivité à l'âge de 5 ans". "Certains se battent, exercent des menaces, voire détruisent des choses", explique l'étude.
Pas sûr qu'une interdiction de la fessée soit très populaire en France. 84 % des grands-parents et 87 % des parents ont déjà réprimandé leur enfant quand il était petit (enquête de l'Union des familles en Europe). Les deux générations sont 95 % à penser que la tape sur le derrière fait partie des traditions françaises. Mais Edwige Antier reste optimiste : 70 % de Suédois étaient contre l'interdiction de la fessée il y a 30 ans. Ils sont désormais 90 % à y être favorables.
Julie Coste (DioraNews)