Cette femme a été verbalisée pour avoir conduit en portant son niqab
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Est-il dangereux de conduire en portant un niqab ou bien y a-t-il eu discrimination? La polémique fait rage depuis qu'une Nantaise de 31 ans qui porte le voile intégral depuis 9 ans a décidé de contester le procès-verbal que lui ont dressé des policiers.
"Je ne sais pas comment cela se passe dans votre pays, mais chez nous on ne conduit pas comme ça", lui aurait dit l'un des hommes à moto qui l'ont arrêté le 2 avril alors qu'elle conduisait dans les rues de Nantes, revêtue de son niqab, un voile intégral qui couvre tout le corps à l'exception des yeux. "Chez vous, c'est aussi chez moi, parce que je suis Française", lui a répondu la jeune femme avant d'enlever son voile à des fins d'identification. Elle a néanmoins écopé d'une amende de 22 euros pour "circulation dans des conditions non aisées", le policier estimant que son champ de vision était restreint par son voile.
Ce que la conductrice, et son avocat, réfutent. Selon Me Jean-Michel Pollono, elle était "libre de ses gestes" et "son champ de vision n'était nullement entravé". Il ajoute que "si le voile avait posé un quelconque danger au volant ces dernières décennies, on n'aurait pas vu de religieuses conduire et il n'y aurait pas eu Les Gendarmes à Saint-Tropez". Pour lui, il s'agit donc d'une "atteinte aux droits de l'homme... et de la femme".
Alors que le débat sur l'interdiction de la burqa fait rage, il ajoute que sa cliente n'est "pas une femme soumise, mais une intellectuelle", née en Loire-Atlantique.
Mais désormais, le débat dépasse le simple problème de sécurité routière. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a écrit vendredi à son collègue de l'immigration Eric Besson pour lui demander d'étudier l'éventuelle déchéance de sa nationalité française du conjoint de la femme verbalisée. Il affirme que celui-ci, "né à Alger et ayant acquis la nationalité française par mariage en 1999, appartiendrait à la mouvance radicale du Tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants". Il l'accuse aussi de fraude aux aides sociales.
Caroline Magnan (DioraNews)