Un site internet diffuse le cliché qui a créé la polémique.
- © Photo AFP
Peut-on faire n'importe quoi avec le drapeau? Non. Depuis mars 2003, l'outrage au drapeau tricolore peut-être puni de 7 500 euros d'amende s'il est constaté "au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques" et même de 6 mois de prison s'il est commis en réunion. Mais l'art doit-il nécessairement respecter le bon goût, la morale ou encore les symboles de la république?
C'est toute la question posée par la polémique qui est née d'un concours de photos organisé par la FNAC de Nice. L'un des clichés couronnés dans la catégorie "politiquement incorrect" représente un jeune homme vu de dos, le pantalon baissé, s'essuyant le postérieur avec le drapeau tricolore. Et les instantanés récompensés ont été publiés dans un journal local, choquant une partie de la population. Sensibilisé par des lettres d'anciens combattants et d'électeurs scandalisés, le député local, Eric Ciotti, réclame des sanctions à Michèle Alliot-Marie.
La ministre de la Justice réfléchit donc aux moyens de sévir contre l'auteur et, potentiellement, contre ceux qui ont diffusé l'image. Mais elle se heurte à un problème de taille: le procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, a déjà été saisi de l'affaire et l'a classée sans suite, estimant que les "oeuvres de l'esprit" sont exclues du champ de la loi. Et la liberté d'expression est défendue par la Déclaration des droits de l'Homme.
Pourtant, la garde des Sceaux ne s'avoue pas vaincue. Elle "réfléchit à la création par décret d'une contravention de 5e classe qui permettrait, tout en respectant les exigences du Conseil constitutionnel, de faire évoluer rapidement notre droit pour sanctionner ce type de comportement". Une contravention qui pourrait aller jusqu'à 3 750 euros d'amende.
L'auteur de la photo, un amateur de 25 ans, évoque "une histoire de fou pour pas grand chose". Il a donné son accord à la FNAC pour que le cliché ne soit pas exposé et soit retiré de la liste des lauréats.
Caroline Magnan (DioraNews)