Des lycéens de première
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Nicolas Sarkozy revient en banlieue pour parler sécurité. En visite en Seine-Saint-Denis mardi, le chef de l'État a listé ses projets. Il veut notamment durcir le dispositif supprimant les aides aux familles des élèves séchant les cours.
"Désormais, la décision de suspendre les allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire injustifié et répétitif d'un élève devra avoir un caractère systématique", a déclaré le président de la République lors d'un discours à Bobigny. L'inspecteur d'Académie saisirait directement la CAF. Un projet de loi sera déposé à l'Assemblée nationale "dès la semaine prochaine".
L'ex-premier policier de France veut aussi canaliser les élèves de moins de 16 ans qui "rendent la vie impossible" à leurs enseignants. "Dès la rentrée prochaine", ils pourront être accueillis "dans des établissements spécialisés", des "internats", dont deux seront mis en place en Seine-Saint-Denis. Le gouvernement va enfin proposer aux 53 établissements scolaires français "particulièrement sensibles" d'installer "un bureau destiné au policier ou gendarme référent".
La suppression des allocations existe déjà depuis 2006. Mais seul le département des Alpes-Maritimes met en pratique cette loi. Le dispositif, controversé, n'a pas prouvé son efficacité. "Ces annonces, un peu à l'emporte-pièce, veulent frapper l'opinion, mais ensuite on ne peut pas les appliquer, notamment car cela crée de la pauvreté", réagit le secrétaire général du Syndicat des inspecteurs d'Académie, Robert Prospérini.
La fédération UNSA Éducation "dénonce le choix inefficace et discriminant" du chef de l'État, car l'absentéisme est un "problème complexe (qui) ne sera pas résolu par des mesures simplistes".
Côté politique, le président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, dénonce "un best of de mesures gadget". "Aller affamer les petits frères et les petites soeurs des adolescents délinquants, souvent d'ailleurs élevés par des femmes seules, est-ce la bonne solution ?", s'interroge Ségolène Royal. "Franchement, je ne le crois pas".
De son côté, la vice-présidente du FN, Marine Le Pen, estime que Nicolas Sarkozy devient "pathétique", et la Seine-Saint-Denis "la scène favorite de son théâtre électoraliste permanent".
L'absentéisme scolaire concerne 5% des élèves du secondaire et jusqu'à 12% dans les lycées professionnels.
Julie Coste (DioraNews)