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Nuage de cendres : la reprise partielle du trafic est-elle prématurée ?

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L'aéroport d'Heathrow, le plus important d'Europe, déserté L'aéroport d'Heathrow, le plus important d'Europe, déserté - © Photo AFP

Le trafic aérien reprend en partie ce matin. Les aéroports situés au nord d'une ligne Nantes-Nice, fermés depuis le week-end dernier, rouvrent. Des "corridors aériens" entre Paris et le Sud (Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice) sont mis en place.

La remise en route d'Orly et Roissy se fait "progressivement", "avec d'abord des vols à vide et ensuite avec passagers, avec des examens des moteurs pour vérifier la concentration des particules", a expliqué le ministre des Transports, Jean-Louis Borloo, à l'issue d'une réunion de crise lundi à Matignon.

15 à 20% du trafic devrait être assuré. Les avions redécollent aussi dans une partie de l'espace aérien européen.

Cette décision intervient alors que la grogne monte du côté des voyagistes et des compagnies aériennes, pénalisées par le blocage. Les autorités ont-elles cédé à la pression économique ? Pour justifier la relance, Matignon explique que l'UE distingue des "zones interdites à la circulation" et des "zones de précaution". Le territoire français fait partie de ces dernières.

En Islande, l'intensité de l'éruption et la colonne de cendres diminuent. Mais les scientifiques avertissent que de nouvelles éruptions, plus violentes, peuvent se produire. L'activité volcanique risque aussi de réveiller le volcan Katla, bien plus dangereux.

Les compagnies aériennes se veulent rassurantes. Air France a effectué dimanche cinq vols d'évaluation. Aucune anomalie n'a été détectée. Comme ses rivales, la compagnie subit de plein fouet la paralysie. Le secteur se remet à peine de la crise. L'Association internationale du transport aérien estime le manque à gagner à 150 millions d'euros par jour. Soit 35 millions d'euros de pertes quotidiennes pour Air France-KLM. British Airways perd 17 à 26 millions d'euros. 500 000 emplois sont menacés de chômage technique en Europe.

Pour l'industrie touristique aussi, les conséquences sont lourdes. Le Britannique TUI Travel, premier tour-opérateur européen, estime que chaque jour de paralysie lui coûte 5,7 à 6,8 millions d'euros.

Plus largement, les entreprises s'impatientent. Salariés absents, signatures de contrats reportées, problèmes d'approvisionnement... "On n'avait pas besoin de ça!", peste la présidente du Medef, Laurence Parisot.

Julie Coste (DioraNews)
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