Une habitante de l'Aiguillon-sur-Mer interpelle le prefet de Vendée.
- © Photo AFP
Sous le choc. Les sinistrés de la tempête Xynthia, qui a frappé les côtes françaises dans la nuit du 27 au 28 février, ont appris la mauvaise nouvelle par les préfets. En Charente-Maritime comme en Vendée, les propriétaires des 1 500 maisons qui vont être rasées ne comprennent pas les décisions de l'Etat. Ils ont reçu l'assurance du secrétaire d'Etat au Logement qu'ils seraient indemnisés. Mais rien n'y fait, la colère monte.
Le maire de Charron, commune de Charente-Maritime parmi les plus touchées par la tempête, annonce qu'il ne signera pas les arrêtés d'interdiction d'accéder et d'habiter aux 180 résidences vouées à la destruction dans sa municipalité. En Vendée, une cinquantaine d'habitants de La Faute-sur-Mer et de L'Aiguillon-sur-Mer a déjà contacté un avocat spécialisé en droit public pour entamer une action collective. De partout, la fronde s'organise. Beaucoup contestent la cartographie des zones décidées par l'Etat. Le tracé de ces "zones noires" décrétées inhabitables a été annoncé jeudi. Depuis, l'ambiance est extrêmement tendue dans les communes. A La Faute-sur-Mer, la réunion s'est transformée en pugilat. Les sinistrés réclamant à corps et à cris des comptes au préfet. A Aytré, en Charente-Maritime, la présidente de l'Association de défense des intérêts des victimes de Xynthia assure qu'elle n'a vu passer aucun expert avant la publication des cartes. Les recours risquent d'être très nombreux.
L'Etat de son côté tente de se défendre en avançant des chiffres : 250 000 euros d'indemnisation en moyenne par maison détruite. Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, affirme que le gouvernement dédommagera "totalement" les familles sinistrées. "On va prendre en charge l'ensemble du coût de la maison, y compris le terrain, y compris le foncier, et on va indemniser les gens sur la valeur de la maison avant la tempête", a-t-il promis sur France 2. Un budget de 300 à 400 millions d'euros est prévu pour ces indemnisations tirées du Fonds Barnier qui remboursent les victimes de catastrophes naturelles. "Notre souci, c'est que personne ne reste au bord du chemin", a déclaré le sénateur vendéen Bruno Retailleau (MPF).
Si les propriétaires refusent l'offre de l’Etat, une procédure d'expropriation sera alors engagée. Ils pourront malgré tout contester cette décision devant le tribunal administratif. Et si cela ne suffit pas, aller devant le Conseil d’Etat en dernier recours. Après, plus personne ne pourra rien pour eux.
Michel Barisano (DioraNews)