Benoit XVI se recueille lors de l'office du Vendredi Saint
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C'est la fête la plus importante de la liturgie catholique et pourtant, cette année, Pâques s'annonce bien sombre au Vatican. L'Église est en effet secouée par une cascade d'affaires d'abus sexuels sur des mineurs de la part de prêtres et religieux, souvent couverts par leur hiérarchie, en Irlande, en Allemagne, ou encore aux États-Unis. Benoit XVI lui-même a été mis en cause, accusé d'avoir couvert des prêtres coupables, lorsqu'il était évêque en Allemagne. Et de n'avoir jamais répondu aux lettres d'un évêque américain l'alertant sur le cas du père Murphy, qui aurait violé plus de 200 enfants sourds, alors qu'il présidait la Congrégation pour la doctrine de la foi, chargée d'enquêter sur ces accusations. Dans l'école où officie le frère du pape à Ratisbonne, plusieurs cas ont également été rapportés.
La ministre de la justice allemande a d'ailleurs accusé le Vatican de mettre des bâtons dans les roues des enquêteurs. En 2001, le Saint-Siège préconisait en effet le "secret pontifical" sur ces affaires. Mais cette même lettre sur les "délits les plus graves" ("De Delictis Gravioribus") du cardinal Ratzinger appelait les évêques du monde entier à signaler tous les actes connus à Rome.
Plus récemment, dans sa lettre aux évêques d'Irlande, le pape a condamné solennellement "les graves péchés commis contre des enfants sans défense". Il exprime également son "désarroi et le sentiment de trahison" devant "la façon dont les autorités de l’Église en Irlande ont affronté" ces "actes scandaleux et criminels". Et appelle à juger les coupables. Une volonté de transparence qui semble avoir été entendue: cette semaine, à Rouen, c'est l'archevêque lui-même qui a rendu publiques les poursuites qui touchent 2 prêtres de son diocèse.
Pourtant, le Vatican n'a jamais voulu destituer de son statut de religieux le père Murphy. Enfin, nombre sont ceux qui reprochent à Benoît XVI de ne reconnaître que la faute de certains individus et non celle de l'Église en tant qu'institution.
D'autres défendent l'Eglise. Le prédicateur de la maison pontificale a ainsi fait part d'une lettre de "solidarité" au pape et à l'Eglise, qu'il dit avoir reçu récemment d'un "ami juif": "l'utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l'antisémitisme" affirme l'auteur.
Caroline Magnan (DioraNews)