Nicolas Sarkozy refuse de supprimer le bouclier fiscal quoiqu'en disent les députés
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Après l'abandon de la taxe carbone, c'est le nouveau débat qui agite la majorité. En période de crise, le gouvernement doit-il revenir sur l'une de ses mesures phares, argument majeur de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007: le bouclier fiscal?
Un grand nombre de parlementaires UMP réclament de plus en plus ouvertement un aménagement (CSG et CRDS extraites du bouclier), une suspension, voire la suppression.
Les centristes, qui avaient tu leur opposition de départ au nom de la loyauté à la majorité, font désormais entendre leur discordance. "On souhaite qu'on remette les choses à plat et qu'on ait une fiscalité qui soit adaptée et qui permette d'être beaucoup plus juste dans la contribution que chacun doit apporter à l'effort national de redressement de nos finances publiques", estime François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée.
Dominique de Villepin a récemment consacré au bouclier fiscal les plus virulentes critiques de sa conférence de presse. Alain Juppé estime qu’il n'est pas choquant "qu'on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent".
Même Jean-François Copé, jusqu'ici farouche défenseur de la mesure, est aujourd'hui plus mesuré, affirmant n'avoir "pas une religion totalement définitive". D'autres, comme Philippe Marini, rapporteur général du budget au Sénat, espèrent une remise à plat de tout le système: "il faut un triptyque: suppression du bouclier, de l'ISF et augmentation de l'impôt sur le revenu à due proportion des enjeux. Si on ne fait pas les trois, on doit maintenir le bouclier".
Mais Nicolas Sarkozy reste ferme. "Ne touchez pas au bouclier fiscal!" a-t-il lancé aux députés UMP qu'il recevait après le Conseil des ministres. François Baroin ajoute que ce système qui, selon le Figaro, a bénéficié à 16 300 contribuables en 2009, est "un bon principe d'équité fiscale". Pour l'Etat, cela a coûté 585 millions d'euros en 2009, et 563 millions en 2008.
Caroline Magnan (DioraNews)