Trouver des mots originaux pour remplacer les anglicismes buzz, chat, tuning, newsletter et talk
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Fini le buzz, place au "ramdam". Oubliez le tuning et passez au "bolidage". Ce sont en substance les résultats obtenus par le jury présidé par l'académicien Jean-Christophe Rufin et composé d'une dizaine de personnalités, comme le chanteur MC Solaar. A l'origine, le secrétariat d'Etat à la Francophonie avait lancé mi-janvier sur internet un concours "Francomot", qui proposait à des étudiants de trouver des traductions innovantes pour 5 anglicismes: buzz, chat, tuning, newsletter et talk.
Pour "chat", le jury a finalement retenu 2 mots ex aequo: "éblabla" et la "tchatche" proposés par Bilal Benrhayem, étudiant de Master en Management à Sup de Co Bordeaux et Léopold Stéfanini de Sciences Po Bordeaux. Il a également choisi "infolettre", inventé par Abdrahamane Coulibaly de l'université de Cergy, afin de remplacer "newsletter".
Le "buzz" a déchaîné l'imagination des candidats (actuphène, cancan, écho, échoweb, barouf, foin, ibang ou réseaunance...), mais c'est "ramdam" choisi par Elodie Dufour-Merle de l'université d'Aix-Marseille qui a été retenu à l'unanimité. Ce mot d'origine arabe signifie tapage et vacarme "à cause de la vie nocturne bruyante pendant le ramadan", précise le dictionnaire. Il renvoie à l'idée de téléphone arabe, d'info qui circule", estime MC Solaar.
Quant à "talk", le jury a opté sobrement pour "débat" proposé par Mickael Jaffré, élève aux Arts et métiers de Paris, face aux débridés "parlage, parlotte, échapar, débadidé, débatel ou débafusion". En plein débat sur l'identité nationale, ce questionnement sur l'évolution de la langue française tombe à point nommé. Son poids historique, l'immense brassage qui la caractérise, mais aussi l'importance accordée au rayonnement de la francophonie... Mieux vaut être pointilleux pour bien choisir l'équivalent français des mots empruntés ailleurs. "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde", disait Albert Camus.