Question du 29 mars 2010 Lire la question de ce jour

Nicolas Hulot a-t-il raison de quitter le Grenelle de l'environnement ?

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Nicolas Hulot a soutenu le Nicolas Hulot a soutenu le "Pacte écologique" durant toute la campagne présidentielle de 2007 - © Photo AFP

Le Grenelle de l'environnement est-il mort et enterré ? Une semaine après l'abandon de la taxe carbone par Matignon, la Fondation Nicolas Hulot (FNH) a claqué la porte lundi des groupes de travail menés dans le cadre des Grenelles de l'environnement et de la mer. Cette décision porte un coup symbolique à une initiative dont Nicolas Sarkozy a fait l'un des chantiers phares de son quinquennat.


Nicolas Hulot avait porté le "Pacte écologique" à bout de bras durant toute la dernière campagne présidentielle. En octobre 2007, le chef de l'Etat s'était montré déterminé: "Je veux que le Grenelle soit l'acte fondateur d'une nouvelle politique, d'un new deal écologique en France, en Europe, dans le monde". A l'issue de mois de consultation, quelque 270 engagements pour une "révolution verte" à la française avaient été présentés.


"L'abandon pur et simple de la taxe carbone, alors qu'un processus de concertation était en cours, est symptomatique d'un net recul de la classe politique qui, à droite comme à gauche, n'a pas pris la mesure des enjeux écologiques, et les considère essentiellement comme une variable d'ajustement politique", déplore la FNH dans une lettre ouverte aux 750 000 signataires du "Pacte écologique". "La forme du dialogue est complètement décrédibilisée", regrette Cécile Ostria, sa directrice générale, qui relève également les récentes déclarations du chef de l'Etat au Salon de l'agriculture ("Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d'environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire").


François Fillon avait annoncé mardi dernier le report sine die de cette mesure de fiscalité écologique d'un genre nouveau qui devait entrer en vigueur le 1er juillet, mettant en avant la nécessité d'une démarche européenne pour ne pas nuire à la compétitivité des entreprises françaises. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a reconnu lundi qu'il y avait "eu un moment d'énervement", et a appelé à "rebâtir le consensus".

Antoine Laquet (DioraNews)
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