Dominique de Villepin a lancé son parti devant la presse jeudi à Paris
- © Photo AFP
L'éternel rival du chef de l'Etat confirme son ambition présidentielle. Dominique de Villepin a lancé son propre parti jeudi à Paris. "J'ai décidé de créer un mouvement politique, un mouvement libre et indépendant, ouvert à tous (...) au dessus des clivages partisans, qui pourra rassembler toutes les bonnes volontés", a annoncé l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac devant une foule de journalistes. "Servir la République, servir la France, c'est pour moi la clé de l'engagement politique", a scandé ce grand orateur.
Celui qui se veut l'héritier du gaullisme stigmatise Nicolas Sarkozy et l'UMP. Il voit, dans les résultats des élections régionales, "l'échec d'une stratégie, le parti unique, mais aussi d'une politique". "Aujourd'hui, tout devient division, comme si la politique était une sorte d'accordéon. On appuie sur des touches, burqa, sécurité, et hop ! on voit les sondages monter. Mais aucun parti politique ne peut gagner si la France perd. A un moment, il faut dire : la République, ce n'est pas cela. Assez des jeux, assez des combinaisons, assez des calculs", tance Dominique de Villepin.
L'ex-prévenu du procès Clearstream n'annonce pas clairement qu'il sera candidat en 2012, mais le député villepiniste du Morbihan François Goulard a confirmé jeudi, sur RTL, que c'était bien son ambition.
Les "pistes" que propose Dominique de Villepin ? "Revenir au fondement de la France, de la nation, de l'Etat. Notre mot d'ordre, c'est une république solidaire". L'ancien secrétaire général de l'Elysée se fixe "trois priorités" : emploi, innovation, réduction des déficits. Il propose notamment de "suspendre le bouclier fiscal".
Dominique de Villepin rejette le remplacement d'un fonctionnaire sur deux, dénonçant "la politique du rabot". Il propose "une charte sur les salaires pour réduire l'écart entre les revenus".
L'ancien ministre des Affaires étrangères profite de la mauvaise passe de Nicolas Sarkozy pour se poser en alternative. Echec des régionales, critiques au sein de l'UMP, popularité croissante de François Fillon... Le chef de l'Etat voit son propre camp se déliter.
Et vous, Dominique de Villepin vous convainc-t-il en présidentiable ? Voteriez-vous pour un politique qui n'a jamais été élu ?
Julie Coste (DioraNews)