Les prostituées attendent des clients à Strasbourg.
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C'est un serpent de mer qui refait surface : la réouverture des maisons closes revient sur le tapis. Le sujet a été très souvent évoqué, jamais aucun accord n'a été trouvé. Certains s'insurgent, d'autres parlent de régularisation. Le dossier est sensible et épineux mais ce coup-ci, c'est une députée UMP qui met les pieds dans le plat.
59% des Français y seraient favorables. 70% des hommes sont pour. Le chiffre concernant les femmes est plus faible mais reste conséquent : 49%. La France compterait aujourd'hui environ 20 000 prostitués. A ce chiffre il faut rajouter 60 000 personnes qui déclarent se prostituer occasionnellement. Pour Chantal Brunel, députée UMP de Seine-et-Marne, l'idée est simple : sortir les filles de la rue et les protéger le plus possible en leur permettant de travailler dans des lieux réglementés et officiels. Dans le journal "Aujourd'hui en France", Chantal Brunel fait un constat surprenant. 7 ans après la loi Sarkozy contre le racolage, "force est de constater qu'on a éloigné la prostitution du coeur des villes mais qu'elle se retrouve cachée dans les bois ou les sites web, autant d'endroits où il est beaucoup plus aisé de détruire un être humain".
De nombreuses voix s'élèvent et s'indignent rien qu'à l'idée que l'on puisse imaginer la réouverture de ces lieux. C'est le cas du "Mouvement du nid", association d'aide aux prostituées, pour qui rouvrir les maisons closes serait une terrible atteinte à la dignité des femmes. "Les maisons closes, c’est du proxénétisme d'Etat", assènent les membres du collectif "Droits et prostitution". "Nous voudrions un statut qui sorte de ce type de proxénétisme et qui se calque sur celui des professions libérales". Le ministère de l'Intérieur annonce la mise en place très prochainement d'un groupe de travail dont le but sera de réfléchir et peut-être de s'inspirer de ce qui se fait à l’étranger, notamment aux Pays-Bas ou en Suisse.
La France comptait 1 400 maisons closes avant leur interdiction en 1946.
Michel Barisano (DioraNews)