Capture d'image de l'émission "le jeu de la mort"
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Une fois de plus, la télé crée la sensation. C'est avec un titre évocateur, "Le jeu de la mort", que France 2 se retrouve au coeur de toutes les discussions. Le concept de l'émission : la télévision peut-elle pousser les candidats de ces émissions à la plus parfaite soumission ? Un candidat-comédien doit retenir des associations de mots. En cas d'erreur, un candidat-questionneur doit lui infliger une décharge électrique. Ce dernier n'est pas au courant que tout cela est fictif.
Plus le jeu avance et plus les réactions des questionneurs sont effrayantes. 80% d'entre eux vont jusqu'au bout de l'exercice, obéissant aux ordres de l'animatrice (Tania Young) et infligeant des décharges atteignant 460 volts. 9 d'entre eux décident d'arrêter lorsqu'ils atteignent... 180 volts ! "J'avais l'image d'un camp concentration", a confié une candidate une fois son tour passée. A ceux qui souhaitent arrêter trop vite, le public et l'animatrice se chargent de lui forcer la main. La plupart ne resiste pas longtemps et inflige de nouvelles tortures au comédien-candidat. Le résultat du jeu est édifiant.
"Le jeu de la mort" s'inspire des travaux de Stanley Milgram. En 1960, ce chercheur américain avait mené une expérience similaire. Il avait conçu un dispositif pour analyser les mécanismes de l'obéissance d'un individu face à une autorité jugée légitime. Les candidats n'ont pas eu peur de passer pour des tortionnaires. Seulement 3 sur 80 ont refusé de figurer dans le documentaire. "Les autres adhèrent au discours du film, ils pensent qu'il peuvent faire oeuvre utile", souligne le réalisateur du programme Christophe Nick. Comble de l'ironie, le producteur a tenu très vite à préciser aux candidats qu'ils ne gagneraient aucune somme d’argent. Leur journée de participation a juste été défrayée à hauteur de... 40 euros.