Question du 9 mars 2010 Lire la question de ce jour

Est-ce une bonne idée de remplacer des profs absents par des étudiants ?

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Luc Chatel a décrété devant les recteurs d'académie Luc Chatel a décrété devant les recteurs d'académie "la mobilisation générale" - © Photo AFP

L'idée émane de Luc Chatel pour lutter contre l'absentéisme des profs. Le ministre de l'Education Nationale a confirmé mardi matin qu'il a l'intention de recourir à "des étudiants ou à de jeunes retraités" pour assurer le remplacement des professeurs absents, "dans le primaire et dans le secondaire". Avant de réunir les recteurs, Luc Chatel a dévoilé son plan dans Le Parisien. Il s'agit d'un "avis de mobilisation générale" à tous les échelons de la maison. Et l'explosion de tabous.


Dès la rentrée de septembre, chaque académie sera donc dotée, en plus des remplaçants titulaires, d'"un vivier de remplaçants qui pourra être composé soit de jeunes retraités de l'Education nationale ou d'étudiants en cours de formation ou juste diplômés". Luc Chatel rappelle que 10% (en primaire) et 20% (en secondaire) des 50 000 remplaçants titulaires ne sont pas "pleinement utilisés".


Il va aussi "assouplir le dispositif" avec "la possibilité de faire appel à des remplacements interacadémiques". Un professeur de français de l'académie de Créteil pourra en remplacer un autre dans l'académie de Paris. Le ministre veut également nommer "un responsable 'remplacement' dans chaque académie et chaque établissement", de sorte que "dès le premier jour" d'absence de l'enseignant, il puisse être remplacé.


Actuellement, il se passe 14 jours avant que l'absence d'un professeur soit signalée au rectorat. Les fédérations de parents d'élèves, comme la FCPE ou la PEEP, ont plutôt bien accueilli ces mesures. La première fédération de parents d'élèves ne cesse de le rappeler: un élève perdrait en moyenne, sur l'ensemble de sa scolarité, un an en temps de cours non remplacé. Les syndicats enseignants et les lycéens, quant à eux, crient au scandale. Ils dénoncent des "bricolages" et un "mépris du professionnalisme" des enseignants. Depuis 3 ans, le gouvernement a supprimé quelque 40 000 postes dans l'Education.

Antoine Laquet (DioraNews)
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