Des éleveurs à Saint-Gaudens lors d'un Salon
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Ils ont le moral dans les chaussettes. Et de savoir que Nicolas Sarkozy ne vient pas inaugurer le Salon 2010 les a encore plus minés. Les agriculteurs français ont le blues et rien n'indique que leur situation va s'améliorer.
"Le président Sarkozy a beaucoup de difficultés avec la campagne, avec le monde paysan", a déclaré un brin ennuyé vendredi matin Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, premier syndicat agricole de France. Bruno le Maire, ministre de l'Agriculture, assure, lui, que le choix d'être présent à la clôture du salon est "une bonne chose". C'est "une possibilité pour le président de la République de ramasser tous les débats qui auront eu lieu pendant la semaine (...) et de faire un certain nombre de propositions".
Mais Nicolas Sarkozy ne pourra pas nier le profond désarroi dans lequel sont plongés des milliers d'agriculteurs. Car dans la profession, c'est la grande déprime. Les salaires, subventions incluses, ont plongé de 20 % en 2008, puis de 32 % en 2009. Le revenu net moyen par agriculteur est de 1 200 euros. C'est le plus bas depuis 30 ans. Certains jeunes éleveurs estiment même se lever tous les matins pour zéro euro à la fin du mois, les charges étant beaucoup trop importantes. Cette 47e édition va se dérouler "dans une ambiance lourde, comme jamais vu", a prévenu un responsable syndical. Ce dernier a même averti qu'"étant donné le contexte, on ne peut écarter des débordements".
A deux semaines des élections régionales, "la plus grande ferme du monde" devrait être fréquentée par les dirigeants politiques de tous bords. L'impact médiatique étant des plus conséquents. Et chacun tentera de grapiller des voix ici et là. Et même si c'est la grande sinistrose dans la profession, les agriculteurs seront fiers de faire découvrir leur métier aux très nombreux visiteurs. Ce sera pour eux l'occasion d'exposer fièrement les produits que les Français aiment tant : le vin, les fromages, la charcuterie... En attendant un geste fort de l'Elysée pour les sortir de l'impasse dans laquelle ils se trouvent.
Michel Barisano (DioraNews)