Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val d'Oise, est accusé d'être un "délinquant"
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C'est l'affaire qui secoue les régionales. Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val-d'Oise est-il, comme l'affirment deux élus du département, un "délinquant multirécidiviste chevronné"? Il s'en défend fermement et est bien décidé à porter plainte pour "diffamation, atteinte à la présomption d'innocence et violation du secret professionnel". La façon dont Francis Delattre et Sébastien Meurant ont découvert les 5 affaires qu'ils dénoncent est en effet problématique. Certains de ces cas n'ont pas été jugés et les documents les concernant ne sont donc a priori pas disponibles. Dans une autre affaire, une condamnation pour un vol avec violence commis en 1999, alors qu'il avait 19 ans, Ali Soumaré a été "réhabilité", elle ne devrait donc plus apparaître sur son casier judiciaire. Il nie 3 autres cas et affirme qu'il n'avait pas entendu parler de sa convocation pour rébellion envers agent.
La section PS de Villiers-le-Bel accuse la droite d'"installer un climat insupportable" à 3 semaines du premier tour et "de montrer du doigt celles et ceux qui vivent dans les quartiers". "Il reconnaît que quand il avait 18 ans, il a fait de grosses bêtises. Il a exécuté sa peine". Et dans les rangs même de l'UMP, l'affaire dérange. Valérie Pécresse refuse de prendre position et Chantal Jouanno "n'aime pas beaucoup le climat de cette campagne". Mais elle trouve qu'il "n'est pas anormal que les gens qui votent pour lui sachent si effectivement il a été condamné ou pas".
Pourtant nombre d'élus, de tous les bords, ont des condamnations inscrites sur leur casier judiciaire. Certains pour leurs actions, ou leurs déclarations, politiques, comme José Bové ou Jean-Marie Le Pen. Mais aussi bien d'autres. En 2002, dans "Le casier judiciaire de la République", Bruno Fay et Laurent Ollivier recensaient 604 élus impliqués dans des affaires judiciaires (à 67,6% pour de la délinquance financière mais aussi pour des crimes sexuels, des lettres de menace, une fausse alerte à l'anthrax...).
Caroline Magnan (DioraNews)