Ile de France: un candidat UMP propose des wagons réservés aux femmes
- © Photo DR
Après le Japon, le Brésil, la Corée du Sud ou Mexico, les femmes pourraient-elles aussi voyager en région parisienne dans des wagons qui leur seraient exclusivement réservés ? L'idée a été lancée lundi sur France Bleu par la tête de liste UMP en Seine-Saint-Denis, Bruno Beschizza. Le "monsieur Sécurité" de Valérie Pécresse, chef de file UMP en Ile-de-France, aimerait que le premier wagon de chaque train francilien soit réservé aux femmes.
A l'antenne, le secrétaire général du syndicat de police Synergie, en congés durant la campagne pour les élections régionales, a affirmé que "dans les transports, systématiquement le soir, il faut faire en sorte que les femmes seules aient un accès privilégié dans le premier wagon, qu'il soit sur-vidéoprotégé, pour que les gens se sentent en sécurité".
Cette mesure peut prêter à controverse. Et ne tarde pas à le faire. Interrogé sur le sujet lundi par Europe 1, Claude Bartolone, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, s'est moqué de la proposition de candidat UMP: "C'est un gag. Bruno Beschizza confond le music-hall et la politique. Les habitants de l'Ile-de-France ont besoin de responsables politiques sérieux et pas forcément d'humoristes". Abdelhak Kachouri, tête de liste PS en Seine-Saint-Denis, a qualifié d'"absurde" la proposition de son concurrent UMP local. "Au lieu de bloquer des wagons, monsieur Beschizza ferait mieux de débloquer des effectifs de police".
Peu après l'annonce de Bruno Beschizza, qui débute en politique, son équipe de campagne a tenu à préciser ses propos via un communiqué: "Il s'est prononcé pour la vidéoprotection systématique dans la première rame de chaque train et RER. Ces rames sont bien sûr ouvertes à tous les voyageurs sans exception".
Plus tard, Bruno Beschizza a dénoncé une erreur d'incompréhension. "On m'a mal compris, a-t-il affirmé à un journaliste de Rue89. Ce wagon ne serait pas réservé aux femmes mais à toutes les personnes qui veulent être protégées. Pour moi, la femme est l'exemple de la personne la plus vulnérable, mais elles n'ont pas l'exclusivité de la vulnérabilité. Un ado de 15 ans, qui a peur, pourrait aussi y accéder". Il a aussi avoué ne pas avoir parlé de cette idée avec la RATP.