Pour Martine Aubry, c'est "l'an 1 de la reconquête"
- © Photo AFP
"Le 21 mars au soir, j'espère que la carte des régions sera toute rose dans une crise bien noire". Salve d'applaudissements des quelque 1 300 secrétaires de section, réunis à La Mutualité à Paris pour écouter Martine Aubry. La Première secrétaire a lancé dimanche la campagne du PS pour les régionales. La veille, l'UMP faisait de même et affichait son "unité" lors d'un conseil national à Paris qui a entériné tant bien que mal ses listes. Le parti de la majorité a tenté surtout de minimiser les derniers rebondissements de l'affaire Clearstream.
Chacun son fardeau: l'affaire qui empoisonne le PS en ce moment, c'est le dernier dérapage de Georges Frêche sur la "tronche pas catholique" de Laurent Fabius, qui a conduit le parti à le lâcher pour bâtir une liste alternative. Du coup, de nombreux responsables de Languedoc-Roussillon brillaient par leur absence, dimanche. A la tribune, Martine Aubry s'est bornée à évoquer discrètement le déplacement de son lieutenant, François Lamy, pour résoudre une "difficulté". Devant les journalistes, elle avait été plus percutante: avec Frêche, "aujourd'hui, c'est fini! Le seul risque qu'on prend dans sa vie, c'est quand on perd son âme, et je n'ai pas envie de la perdre et je n'ai pas envie que la gauche la perde". Son autre lieutenant, Claude Bartolone, s'était même fendu d'un: "il vaut mieux perdre une région que perdre son âme".
A cette réunion, étaient présents le maire de Paris Bertrand Delanoë, l'eurodéputé Vincent Peillon et le président-candidat en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. "Nous, nous sommes fiers de ce que nous sommes, nous sommes une gauche décomplexée", a scandé Martine Aubry, pour qui c'est "l'an 1 de la reconquête". Décomplexée au point de plaisanter sur la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy: "on attendait Sacrée soirée et on a eu Le maillon faible!", provoquant rires et... applaudissements.