Georges Frêche, président du conseil régional du Languedoc-Roussillon
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"Je suis indignée par de tels propos. Je saisirai mardi prochain le Bureau National du Parti Socialiste pour décider des suites à leur donner". Martine Aubry, souvent accusée de complaisance envers George Frêche, a décidé, cette fois, de monter au créneau. Car l'attaque du président de la région Languedoc-Roussillon contre Laurent Fabius est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, au PS. Georges Frêche a récemment déclaré à propos de l'ex-Premier ministre, d'origine juive: "Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique".
"Relents xénophobes", "ignominie", "proprement inadmissible": les responsables socialistes ont fortement réagi, de même que les associations antiracistes et les élus de droite, trop heureux de ce nouveau clash au PS. Mais, concrètement, qu'est-il possible de faire pour sanctionner Georges Frêche?
Pour Arnaud Montebourg, "il faut en finir et couper la branche pourrie du frêchisme en Languedoc-Roussillon". Noël Mamère est encore plus direct: "c'est une question de salubrité publique, virez-le". Sauf que Georges Frêche a déjà été exclu du PS, en 2007, après ses propos sur les Noirs de l'équipe de France de foot (trop nombreux) et ceux sur les harkis (qualifiés de "sous-hommes").
La solution vers laquelle se dirige le PS serait donc d'abandonner l'investiture officieuse accordée à Frêche en Languedoc et de soutenir une liste divergente. Martine Aubry a annoncé jeudi qu'elle allait proposer au bureau national du PS d'investir la maire PS de Montpellier à la tête d'une liste alternative autour d'un rassemblement "de la gauche et des écologistes". Les Verts sont d'ailleurs d'accord pour une liste commune même s'il n'est pas sûr qu'ils acceptent de laisser leur tête de liste au PS alors qu'ils bénéficient de bons sondages. Mais cette stratégie sera-t-elle payante? Localement, Georges Frêche est très soutenu. Qu'importe, pour Claude Bartolone il vaut mieux "perdre une région que perdre son âme".
Caroline Magnan (DioraNews)