L'ESSEC ne compte que 12,3% d'élèves boursiers
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En quelques jours, le débat a pris de l'ampleur. La Conférence des grandes écoles (CGE) qui réunit 221 d'entre elles a en effet annoncé qu'elle "désapprouvait la notion de quotas" et "que les niveaux des concours devaient être les mêmes pour tous". Ce qui a mis le feu aux poudres est la phrase suivante précisant que l'objectif de 30% d'élèves boursiers dans les grandes écoles que défend le gouvernement "amènerait inévitablement la baisse du niveau moyen". La CGE se dit néanmoins favorable à des "soutiens individualisés apportés aux candidats issus de milieux défavorisés".
"C'est la réaction antisociale dans toute sa franchise!", s'est insurgé le patron de Sciences Po Paris, Richard Descoings. "L'intelligence, la curiosité intellectuelle, la capacité de travail seraient donc l'apanage des +riches+..." Alain Minc et François Pinault affirment avoir eu "un haut-le-coeur" en lisant la réaction de la CGE. "Ceux qui ont signé ce manifeste méconnaissent le grondement qui vient du fond de la société" ajoutent-ils.
Mais les grandes écoles et ceux qui les soutiennent expliquent que la discrimination positive a prouvé ses limites lorsque la Cour Suprême américaine, saisie par des étudiants noirs qui se plaignaient de leurs diplômes dévalorisés sur le marché du travail, l'a censurée. Ils ajoutent que le processus d'ouverture est en cours et que l'objectif de 30% d'élèves boursiers sera atteint sans quotas imposés. Dans les "classes prépa", ce taux est passé de 18% en 2005 à 30% à la rentrée 2009, pour la première année. Dans les grandes écoles, il est aujourd'hui en moyenne de 22,9% même s'il est beaucoup plus bas dans les plus prestigieuses telles Polytechnique ou HEC. Il suffirait donc, selon Patrice Corre, le proviseur du lycée Henry-IV, de changer de pratiques, notamment en revoyant les épreuves de langues étrangères, jugées trop discriminantes, et en accordant plus de poids à l'évaluation personnelle des élèves.
Caroline Magnan (DioraNews)