Luc Chatel veut supprimer les cours d'histoire-géo obligatoires en terminale S.
- © AFP (Martin Bureau - Archives)
Les lycéens de la filière scientifique ont pour l'instant 2 heures 30 de cours d'histoire-géo par semaine en classe de première et autant en terminale. A l'avenir, ils devraient en avoir 4 en première, mais plus aucune en terminale, sauf s'ils choisissent un cours optionnel. L'épreuve du bac aurait lieu en fin de première.
Ce point de la réforme des lycées présentée par le ministre de l'Education nationale Luc Chatel jeudi au Conseil supérieur de l'éducation (qui représente l'ensemble du monde éducatif) a déclenché une vive polémique. Pour les opposants, la formation des futurs citoyens est en danger.
Ce tollé était "inévitable", a rappelé le journaliste Alain Duhamel sur RTL, car "on sait très bien qu'en France, il y a une passion, presque une religion de l'histoire; il n'y a pas un débat passionné à l'Assemblée ou au Sénat qui ne soit farci de références historiques".
Dans le Journal du Dimanche, 20 historiens de renom ont d'ailleurs signé une pétition contre la suppression de l'enseignement obligatoire de l'histoire-géo en terminale S. Ils ont été soutenus par de nombreuses personnalités comme le PDG d'Arte Jerôme Clément, l'écrivain Philippe Delerm ou la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot.
Sauver la filière L
L'idée déplait même dans la majorité. Le député UMP Hervé Gaymard a demandé "l'annulation" de cette décision. Et Dominique de Villepin a annoncé sur France Info qu'il allait "mener un combat" pour l'histoire et la géographie.
"Nous avons trouvé un bon compromis", s'est pourtant défendu Luc Chatel dans Le Figaro. Il garantit que le programme ne changera pas et souligne la nécessité de rappeler "la philosophie de la réforme" totale.
L'objectif global est notamment de retarder la spécialisation des élèves jusqu'à la fin de la première, pour leur permettre si nécessaire de se réorienter, tout en spécialisant davantage la terminale, pour préparer la suite des études.
L'ancien ministre de l'Education nationale Luc Ferry soutient la mesure. Il estime que le rééquilibrage des filière permettra de "sauver" la terminale littéraire, aujourd'hui trop souvent vue comme une orientation "par défaut".
Vous, qu'en pensez-vous?
]]> Aurélie Blondel (Bazikpress)