La secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, le 2 septembre 2009 à Jouy-en-Josas, près de Paris
- © AFP (Eric Piermont)
Faut-il mieux protéger la vie privée des internautes? A l'heure où Facebook, Twitter, blogs et autres forums font partie de notre quotidien, la gestion des données publiées sur le Web fait débat.
Deux sénateurs, Yves Détraigne et Anne-Marie Escoffier, viennent de rédiger une proposition de loi visant à "mieux garantir le droit à la vie privée à l'heure du numérique". Pour l'instant, c'est la loi "informatique et libertés" qui aborde la notion de donnée à caractère personnel.
Nathalie Kosciusko Morizet, secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique, souhaite une Charte d'engagements des professionnels d'Internet d'ici à 2010. Elle a aussi organisé cette semaine un atelier sur le "droit à l'oubli numérique".
Droit à l'oubli
Un droit à l'oubli reviendrait à permettre à l'internaute de faire supprimer des données personnelles de la toile, laissées volontairement ou non. Certaines informations ou photos peuvent un jour ou l'autre s'avérer compromettantes, notamment dans la vie professionnelle.
Pour Alex Türk, le président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, il s'agit de "retraduire une fonction naturelle, l'oubli, qui fait que la vie est supportable".
Mais l'idée se heurte aux principes mêmes d'Internet, rétorquent certains spécialistes. Les moteurs de recherche, principaux acteurs du débat, plaident leur bonne foi et assurent qu'ils ne peuvent faire des exceptions dans leur législation.
Face à ces difficultés et pour ne pas tomber dans la diabolisation d'Internet, certains proposent de mettre l'accent sur l'éducation des plus jeunes à la protection de leurs données personnelles.
Que vous inspire l'idée du droit à l'oubli? Est-ce nécessaire? Illusoire? Y a-t-il d'autres solutions?