L'écrivain Marie NDiaye, le 2 novembre 2009 à Paris
- © AFP (Bertrand Guay)
"Je trouve cette France-là monstrueuse. [...] Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux." Ces propos sont ceux de l'écrivaine Marie NDiaye, prix Goncourt 2009. Bien que publiés en août dans Les Inrockuptibles, c'est cette semaine qu'ils font polémique.
Le député UMP Eric Raoult a demandé mardi à ce que les lauréats du Goncourt aient désormais un "devoir de réserve". C'est ce qu'il a suggéré dans une lettre au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.
Marie NDiaye, avant d'avoir été primée, avait affirmé être partie vivre à Berlin "en grande partie à cause de Sarkozy". Elle avait alors dénoncé une "atmosphère de flicage, de vulgarité". Cette semaine, l'écrivaine a avoué avoir tenu des propos "excessifs".
Liberté d'expression
"Je n'ai pas à arbitrer", a estimé Frédéric Mitterrand sur les ondes de France Bleu. Pourtant, le face à face entre Eric Raoult et Marie NDiaye divise bel et bien l'opinion.
Le député UMP en appelle à la cohésion nationale. Certains trouvent qu'il est contradictoire d'accepter un prix d'un pays que l'on qualifie de "monstrueux".
Mais pour beaucoup, c'est la liberté d'expression et d'opinion qui est ici en jeu. "Dans une démocratie, il doit être possible de critiquer le pouvoir en place", a estimé la socialiste Ségolène Royal.
Et si les écrivains avaient même le devoir de s'exprimer haut et fort? C'est en tout cas l'avis de Patrick Rambaud, lui aussi ancien prix Goncourt.
Pensez-vous que le Goncourt transforme l'écrivain en porte-drapeau de la France? Ce prix doit-il entraîner un devoir de réserve politique? Les écrivains ont-ils au contraire le devoir de s'engager?